Fil d'Ariane
Détail Entité
De l’autre côté du pochoir. L’art japonais du katagami
Les katagami (de kata – matrice en japonais) sont des pochoirs japonais en papier destinés à imprimer des motifs sur des tissus de kimono. Ils sont fabriqués selon un procédé très complexe : plusieurs feuilles de washi – un papier fabriqué à base de mûrier – sont superposées et enduites de jus de kaki, parfois renforcées d’un treillis de fils de soie. Ces feuilles sont ensuite découpées par un poinçon, un canif ou un emporte-pièce, pour créer des motifs végétaux, figuratifs ou géométriques, qui sont ensuite appliqués sur le tissu via une teinture en réserve.
Le katagami connaît son âge d’or pendant l’époque Edo (1603-1868), puis disparaît progressivement lorsque le Japon s’ouvre à l’industrialisation et s’approprie les procédés industriels, déjà développés en Europe, d’impression sur tissu. Le déclin de cet artisanat textile est également contemporain du japonisme : alors que les katagami sont délaissés par les artisans locaux, ils sont achetés par des collectionneurs ou artistes européens qui découvrent alors avec exaltation les formes et motifs de l’art japonais. La collection de près de 300 katagami du Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg a été rassemblée dans le contexte de la reconstitution des collections après les bombardements de 1870 par des achats effectués à Londres, à Berlin et à Strasbourg, entre autres auprès du célèbre marchand et collectionneur d’art japonais, Siegfried Bing. Ils étaient vraisemblablement destinés à alimenter le vaste répertoire de formes que le Kunstgewerbemuseum (musée des Arts décoratifs) devait offrir aux artistes locaux.
L’ouvrage souhaite faire connaître les katagami du Cabinet des Estampes et des Dessins, largement méconnus, en présentant une sélection des plus belles pièces en pleine page et en documentant l’ensemble de la collection (typologie, iconographie des motifs). Il intéressera aussi bien les historien·nes de l’art intéressé·es par la circulation des formes et l’influence du japonisme, que le plus grand public amateur des arts décoratifs d’Extrême-Orient, voire les amateur·ices de DIY en recherche de motifs inspirants.
Conception graphique : Guillaume Chuard – Studio Ardworks