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Les œuvres hors les murs

Le public pourrait avoir tendance à penser qu’un musée est figé dans le temps, et que ses œuvres en sont des locataires sédentaires, mais pas du tout ! Il leur arrive de voyager, et pour certaines même de faire le tour du globe. On les jalouserait presque…

Que ce soit pour un prêt à une exposition, un déplacement pour une restauration, ou une excursion le temps d’une prise de vue, il arrive régulièrement que les œuvres quittent temporairement les cimaises (ou les réserves) du musée.

Les prêts à des expositions

Tout au long de l’année, la Direction des musées reçoit des demandes de prêts pour des expositions temporaires. Ces demandes doivent être réceptionnées huit mois avant l’ouverture de l’exposition. Ainsi, dix fois par an, se réunit une commission chargée d’émettre un avis, favorable ou défavorable, sur ces sollicitations. Elle se compose de la direction des musées, des responsables des conservations, de la régie et de la restauration des collections, de la documentation et de la communication. Ensemble ils étudient le contexte, les conditions de prêt et l’état de l’œuvre, et statuent sur la faisabilité du prêt et d’en définir ses conditions.

À l’issue de cette commission, les réponses sont notifiées et en cas d’accord, un contrat de prêt est établi. Il mentionne les conditions de présentation des œuvres, donne des prescriptions d’emballage et de transport, et fixe les modalités d’assurance.

Les collections inscrites à l’inventaire des musées sont considérées comme « trésors nationaux » et à ce titre ne peuvent sortir de France que temporairement. Elles font l’objet d’autorisations de sortie du territoire spécifiques accordées par le service des musées de France, sous la direction ministère de la Culture.

De manière générale, le prêt des collections obéit à des règles de conservation préventive qui s’appliquent notamment au moment de l’emballage et du transport. Des emballages spécifiques adaptés aux collections sont réalisés selon un cahier des charges strict ; l’acheminement est confié à des opérateurs spécialisés.

Ces mouvements d’œuvres à travers la France ou vers l’étranger sont parfois accompagnés par le personnel scientifique des Musées qui a la charge de veiller à la sécurité et au respect des conditions de transport et de présentation édictées dans le contrat de prêt. L’objectif final est la conservation matérielle des œuvres malmenées par ces mouvements et dont le constat d’état qui s’apparente à un « carnet de santé » répertorie toutes les éventuelles altérations.

Annuellement, les Musées de la Ville de Strasbourg prêtent entre 500 et 600 œuvres présentées dans 150 expositions à travers le monde.

Les prises de vues

Systématiquement, à l’occasion d’un prêt, le musée qui souhaite emprunter une œuvre pour son exposition en demande une photographie. Le musée emprunteur peut alors utiliser cette prise de vue pour le catalogue de l’exposition, l’édition de cartes postales, l’affiche ou les dépliants publicitaires. Il est donc nécessaire de pouvoir fournir un cliché en haute définition. Si les conditions le permettent, l’œuvre est photographiée à même la cimaise, mais il peut s’avérer nécessaire, en cas de mauvais éclairage, ou en cas de nécessité, de décadrer et de déplacer l’œuvre au studio de photographie des musées. .

Les restaurations

L’autre occasion pour une œuvre de quitter les murs du musée est liée à la nécessité d’une restauration. L’objectif de la restauration est d’améliorer la compréhension de l’œuvre et de la préparer à l’exposition. Lorsqu’il s’agit de retarder ou de limiter une altération, on parle de conservation curative. .