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Catherine Meurisse, une place à soi
Catherine Meurisse, une place à soi

Dans le cadre des « Rencontres de l’Illustration » et en lien avec leur thématique sur la visibilité des femmes dans l’illustration, le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration met à l’honneur Catherine Meurisse.

Intitulée « Catherine Meurisse. Une place à soi », cette exposition revient sur la carrière de cette artiste prolifique et protéiforme, à la fois dessinatrice de presse et d’albums pour la jeunesse, et autrice de bandes dessinées. Alors qu’elle est la première illustratrice à être élue à l’Académie des Beaux-Arts, l’exposition – dont le titre est un clin d’œil à l’ouvrage de Virginia Woolf – est l’occasion d’aborder sa place dans un milieu masculin, dans le domaine de l’illustration et dans le monde de l’art en général.

Après un cursus de lettres modernes, Catherine Meurisse fait ses études à l'école Estienne puis à l'École nationale supérieure des Arts décoratifs à Paris. Dans ses albums tout comme dans ses dessins d’humour pour la presse, on retrouve son goût pour l’art et la littérature, deux sources d’inspiration essentielles. On croise ainsi au fil des pages Caravage, Millais, Hokusai, Proust ou encore Stendhal pour ne citer qu’eux. S’immerger dans les références de Catherine Meurisse, c’est comprendre aussi comment l’artiste s’est créée une voix propre ; comment l’illustratrice s’est construite, s’est fait une place à elle, et a fait entrer, avec elle, l’illustration sous la coupole.

Mais si l’artiste se réfère souvent à la peinture ou à la poésie dans ses œuvres, elle n’établit aucune hiérarchie entre les arts et les lettres. Son dessin puise tout aussi bien dans la couleur de Delacroix, dans la ligne de Doré, dans le pastiche de Rabelais, dans la symphonie de Stravinsky que dans le rythme de Leonard Bernstein. S’il fallait néanmoins nommer une figure portée au pinacle, il s’agirait bien évidemment de la nature. Véritable protagoniste, elle prend forme animale dans les livres pour enfants et les dessins pour la presse ; ou elle déploie ses horizons sur des doubles pages et engloutit tout entier le lecteur. Dans La Jeune Femme et la Mer, Catherine Meurisse interroge justement la place de l'humain au sein de cette nature et raconte comment l’art permet de saisir les paysages qui disparaissent.

Commissariat : Morgane Magnin, assistante de conservation au Musée Tomi Ungerer-Centre international de l’Illustration

Cette exposition est organisée dans le cadre des Rencontres de l’Illustration 2023.