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Taxidermie d’un pétrel des Kerguelen

Ce pétrel des Kerguelen a été remis au musée zoologique par l’équipe "écophysiologie et changements environnementaux" de l’institut pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg. Il a été retrouvé mort sur l’île de la Possession (Archipel des Crozet). S’agissant d’une espèce protégée, son corps congelé n’a pu être ramené dans le laboratoire strasbourgeois qu’avec l’autorisation du préfet administrateur des Terres australes et antarctiques françaises. Pour son transport et sa naturalisation au Musée, une seconde demande d’autorisation a été faite auprès du Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Le projet

Mené avec Jean-Patrice Robin, chercheur à l’IPHC, le projet consiste à concevoir et réaliser une présentation plus dynamique et plus proche de la réalité des espèces antarctiques présentées dans la vitrine des Pôles. L’IPHC a déjà fourni au musée une dizaine de spécimens, mais une collaboration sur la durée est envisagée.

Une naturalisation, cela se prépare !

Avant de commencer la naturalisation du spécimen, il faut préparer les matériaux utilisés pour le traitement et le montage, commander les yeux en cristal et réaliser le socle sur lequel le spécimen sera fixé. Ce dernier est constitué de mousse polyuréthane recouverte de plâtre encollé, puis coloré pour lui donner l’aspect d’un rocher. Une prise de mensurations du spécimen est aussi effectuée.

Les phases de la naturalisation

Après décongélation, la peau est retirée du corps en y laissant les os des membres et le crâne. Pendant une journée, elle est nettoyée de toutes ses impuretés, chair, graisse etc.

La peau passe ensuite par une succession de huit bains chimiques. Le 1er bain ou "reverdissage" consiste à redonner à la peau toute la souplesse et le volume qu’elle avait du vivant de l’animal. Elle est ensuite lavée et dégraissée, tannée et traitée contre les parasites des collections (mites, anthrènes etc.). Ces opérations durent en moyenne deux jours.

Pendant une journée, le taxidermiste façonne le corps, le cou de substitution et les muscles des ailes et des pattes avec de la laine de bois, du chanvre, du fil de fer et du papier de soie. Ces matériaux sont utilisés pour leur grande longévité et leur neutralité, des propriétés fondamentales pour une conservation à long terme. Les muscles de la tête sont quant à eux réalisés à l’aide d’une pâte à modeler composée d’argile et de polyèthylèneglycol (cire synthétique).

Le montage débute par la fixation du cou sur le crâne, puis la fixation des ailes, des pattes et de la queue sur le corps. L’incision ventrale, faite lors du dépeçage, est ensuite suturée et le spécimen mis en forme et en position, puis fixé sur son socle à l’aide des fils de fer logés dans ses pattes. Le dernier travail de montage consiste à modeler la tête et à introduire les yeux en cristal par l’extérieur des paupières.

Dernière beauté

Les plumes sont maintenant lissées et maintenues en place à l’aide d’épingles et de broches, pour éviter qu’elles ne se déplacent pendant les deux semaines de séchage du spécimen. Dernière étape avant la mise en vitrine : le maquillage qui consiste à recolorer toutes les parties dénudées, qui ont perdu leurs couleurs. Au bout d’une demi-journée supplémentaire, le spécimen est enfin prêt.

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