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Reconditionnement et conservation du Cœlacanthe

Ce spécimen a été pêché le 13 juin 1967 à 2h du matin à Salimanie Hambou (Grande Comores) à 200 m du bord et à 150 m de profondeur. D’une longueur de 1,20 m et d’un poids de 30,8 kg, il a été envoyé au Musée dans un cercueil doublé de zinc, emballé dans du tissu imbibé de formol.

Présenté dans le même aquarium depuis son arrivé au musée, le cœlacanthe devait être reconditionné par mesure de sécurité. L’aquarium était trop ancien (risque de fuite) et non conforme aux normes (pas de bac de rétention). De plus, il fallait changer le liquide conservateur à base de formol, interdit dans les musées car extrêmement nocif.

Un déplacement à risques

L’opération a nécessité la fermeture du musée, ainsi qu’une évacuation des personnels travaillant près de la zone. En combinaison étanche et munies de gants, bottes et masque de protection respiratoire, quatre personnes ont œuvré pendant une journée pour vider et déplacer au sous-sol du musée, l’ancien aquarium avec son spécimen.

L’aspect du spécimen paraissait tout à fait normal, comme c’est souvent le cas avec les conservations en milieu fluide. À la première manipulation, quelques écailles se détachèrent, car malgré la conservation dans du formol, son corps n’était pas assez ferme. Le traitement de fixation réalisé au moment de son arrivée au musée n’avait visiblement pas été assez efficace dans le temps.

Un traitement de longue durée

Du fait de l’état de conservation médiocre du spécimen, le traitement prévu a dû être revu. Il a été choisi de procéder à trois opérations successives : bains de conservation, de dégraissage et de rinçage.

En 1er lieu, pour éviter la dégradation et stabiliser l’état de conservation du spécimen, ce dernier a été refixé dans une solution au formol, et pour améliorer le traitement, injecté en profondeur une centaine de fois deux fois par jour et ce pendant quatre semaines.

La deuxième phase consistait à dégraisser le cœlacanthe, un animal qui contient beaucoup de lipides ou graisses, surtout au niveau de sa colonne vertébrale. Le dégraissage permet d’éviter que le liquide de conservation finale ne soit ultérieurement troublé par des dégagements de graisses. Pour ce faire, les bains avec injections furent réalisés pendant 10 jours. La dernière phase comprenait des opérations de rinçage étalées elles aussi sur 10 jours, ce qui permet d’évacuer au maximum les impuretés.

Ce traitement en 3 phases a été renouvelé trois fois, puis le spécimen a été une dernière fois soumis à des injections de formol.

Un nouvel environnement

Pendant toute la durée de ces opérations, l’espace avait été totalement revu. Grâce au mécénat d’Aquarium Systems, un nouvel aquarium avait été réalisé sur mesures et muni d’un éclairage à LED. Rempli d’une solution d’eau déminéralisée et de 2% de Phénoxy-2-Ehanol (solution non toxique et non inflammable), il a pu enfin accueillir un cœlacanthe restauré au bout de ces cinq longs mois de "soins".

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