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Présentation des salles de l'Aubette

Le Ciné-dancing

Le Ciné-dancing est un vaste espace de convivialité où le public pouvait, dans les années 30, tout à la fois danser et regarder des films d’actualité.

Tous les éléments, mobilier, lampes, cendrier, s’accordent ainsi au décor géométrique de l’ensemble. Pour les décors des murs et des plafonds, Van Doesburg, qui travailla au décor de cette salle, compose une grille oblique de carrés, rectangles et triangles de couleurs noire, blanche, jaune, bleu, verte et rouge. Il met ainsi en place les théories de l’élémentarisme, un courant de l’abstraction géométrique qu’il développe à partir de 1924.

Ce nouveau courant artistique repose sur l’utilisation de la diagonale dans les compositions géométriques de l’artiste, par opposition au néoplasticisme de Mondrian, établi sur la seule utilisation des verticales et horizontales.

Les aplats de couleurs, déposés de façon uniforme et impersonnelle, résultent de la même exigence de technicité et de modernité que celle appliquée dans la conception du mobilier et la mise en œuvre des matériaux.

Le Foyer-bar

Le Foyer-bar, dont le décor a été conçu par Sophie Taeuber-Arp, a été pensé par Theo Van Doesburg à l’échelle du complexe de loisirs comme un trait d’union entre la salle des fêtes et le Ciné-dancing.

Dans cette pièce ouverte, le public pouvait prendre un verre au bar tout en suivant le film projeté dans le Ciné-dancing. Ce point de passage correspondait au souhait de Van Doesburg, très attaché à la notion de "fluctuation", de favoriser la circulation du public entre les différents espaces du bâtiment.

La composition décline, au plafond, sur les murs et jusqu’au sol, des surfaces rectangulaires de nuances de gris et de rouge, qui provoque une expérience de perception inédite pour le visiteur. La couleur ne joue pas ici un rôle ornemental, mais participe pleinement à la construction d’un espace aussi bien architectural que pictural.

La Salle des fêtes

La Salle des fêtes dont les décors ont été conçus par Theo Van Doesburg est l’un des plus beaux exemples de l’esthétique du mouvement De Stijl appliqué à l’architecture.

Van Doesburg adopte une composition exclusivement orthogonale, animée de lignes verticales et horizontales en relief. Les rectangles et carrés créés par la rencontre des lignes apparaissent ainsi en creux.

La gamme chromatique est composée des couleurs élémentaires (jaune, bleu, rouge, noir et blanc) chères à l’esthétique néoplastique. Deux nuances d’une même couleur sont juxtaposées côte à côte dans le but de créer une "dissonance".

Dans ce jeu de surfaces géométriques colorées s’intercalent aussi des carrés et des rectangles d’émail contenant 16 ampoules. L’éclairage artificiel est ainsi pleinement intégré à la composition plastique et participe à l’animation et au rythme de cet espace festif.

L’utilisation d’une unité de mesure standard favorise aussi la lisibilité structurelle de l’ensemble. Pour déterminer l’articulation entre les surfaces colorées, l’éclairage et les éléments existants, comme les grilles de ventilation ou les fenêtres, Van Doesburg a utilisé un carré de 1,20 x 1,20 m, ce qui correspond à la hauteur des radiateurs. Tous les éléments sont considérés comme des parties organiques de la composition rectiligne.

L’escalier

Réalisation commune des trois artistes, l’escalier de l’Aubette permettait de relier l’entresol au 1er étage.

L’architecture de l’escalier en garde-corps géométrique a été conçue par Van Doesburg. La cage rectangulaire à trois volées est éclairée par un large vitrail attribué à Hans Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp, de même que le décor peint. Les longues bandes verticales grises et bleues, de la même largeur que les marches, s’opposent aux lignes brisées de l’escalier et accentuent le mouvement ascendant. Le vitrail se compose de 30 carreaux rectangulaires de verre pressé, déclinés dans des tons de gris, bleu et beige.

Les espaces disparus

À son inauguration en 1928, le complexe de loisirs de l’Aubette comprend quatre niveaux. Aujourd’hui, seul le premier étage de l’ancien complexe a été restitué.

Parmi les autres espaces, on trouvait, au sous-sol, le Bar américain et le Caveau-dancing avec cabaret, décorés par Arp de formes souples, d’inspiration biomorphique, qui tranchaient avec l’esprit géométrique des autres décors.

Au rez-de-chaussée, l’aménagement du Café-brasserie et du restaurant fut confié à Van Doesburg, tandis que Sophie Taeuber-Arp décorait le Five-O’Clock (un salon de thé-pâtisserie) et l’Aubette-bar.

À l’entresol, le seul espace ouvert au public était la salle de billard, attribuée à Sophie Taeuber-Arp.