Détail Entité

Sarcophage sculpté pour une "épouse incomparable"

Époque romaine (début du 3e siècle après J.-C.)
Inv. : 2953
Dim : L. : 2,07 m, H. : 0,68 m, ép. : 0,80 m
Grès
Provenance : Strasbourg-Kœnigshoffen, rue Lothaire.
Musée Archéologique

C'est en 1898 que les travaux de terrassement pour la construction de l'église catholique de Koenigshoffen vont mettre au jour, à l'extrémité de la rue Lothaire, un sarcophage en grès rose sculpté d'une exceptionnelle qualité. Seule la cuve rectangulaire était conservée, le couvercle ayant disparu, sans doute au cours d'une violation ancienne de la sépulture. Cette cuve porte, en façade, un large cadre rectangulaire où se déploie les cinq lignes, soigneusement gravées, de l’inscription funéraire :

DM/ ET MEMORIAE AETERNAE Q.G. FLORENTINAE MATRONAE INCOMPARABILI QUAE VIXIT ANN(OS) XXXVII M(ENSES) V D(IES- XIII IUN(IUS) EUDEMUS CONIUGI RARISSIMAE F(ACIENDUM) C(URAVIT)

"Aux dieux Mânes et la mémoire éternelle de Quinta Gaia Florentina, femme incomparable, qui vécut 37 ans, 5 mois et 13 jours, Junius Eudemus a fait ériger ce monument à sa femme très chère".

Deux panneaux sculptés encadrent l'inscription, présentant deux des trois Parques, les déesses de la Destinée. À gauche, Clotho (Nona en latin) dans un fauteuil à haut dossier. À droite, Lachésis (Decima) est assise sur un escabeau et tourne le fuseau en tirant au sort les destinées humaines. Atropos, qui tranche le fil de la vie, n'est pas figurée ici. Les faces latérales du sarcophage sont décorées de grandes rosaces stylisées. La qualité de la sculpture et son incontestable originalité décorative tranchent avec la production funéraire contemporaine. Faut-il chercher une explication dans le nom grec de l'époux de Florentina, Junius Eudemus ? Il pourrait s’agir d’un marchand grec ou syrien enrichi grâce au commerce avec l'armée romaine et les camps du limes.