Détail Entité

Lieu de culte dédié à Mithra

Époque romaine (2e siècle après J.-C.)
Inv. : 29 446
Dim : H. : 2 m
Grès
Provenance : Strasbourg-Koenigshoffen, rue du Schockeloch.
Musée Archéologique

Né en Perse, le culte du dieu solaire Mithra se répand dans le monde oriental avant de gagner progressivement toutes les régions de l'empire romain. Il ne s’agit pas d’une religion de masse, mais d’une pratique religieuse reposant sur de petites sociétés secrètes réservées aux hommes. L'armée, les fonctionnaires impériaux, les marchands et les esclaves orientaux en sont les principaux agents de diffusion.

Le mithriacisme est une religion de salut, prônant le renoncement et l'ascèse pour accéder à l'immortalité. Sept grades d'initiation, jalonnés d'épreuves, marquent la progression des fidèles. Les mithriastes sont successivement : corbeau (corax), occulte (cryphius), soldat (miles), lion (leo), perse (perses), courrier du soleil (heliodromos), père (pater). Le culte et le banquet cérémoniel se déroulent dans un sanctuaire souterrain où le relief mithriaque – dont le schéma iconographique est semblable dans tout le monde romain − occupe le fond du temple. Il illustre, autour de la scène centrale du sacrifice du taureau, les épisodes de la vie du dieu, depuis sa naissance d'un rocher jusqu'à son apothéose dans l'assemblée des dieux.

Lors de la construction de l’église Saint-Paul en 1911, un mithraeum a été mis au jour à Koenigshoffen, vicus gallo-romain situé aux abords du camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate. Malgré des conditions de fouille difficiles, Robert Forrer a pu distinguer plusieurs états successifs de ce sanctuaire et saisir la disposition intérieure des éléments du culte : retable sculpté, reliefs votifs, groupes de lions flanquant l’autel principal, podia ou banquettes où prennent place les fidèles.

D’une hauteur totale de 4 m, le relief de Koenigshoffen est l’un des plus grands connus dans le monde romain. En raison de sa très belle qualité, il a été attribué à une équipe de sculpteurs venus d’Italie et ayant œuvré à Strasbourg au milieu du 2e siècle après J.-C. Ce relief était rehaussé de couleurs, comme l’atteste la dédicace faite par le soldat C. Celsinius Matutinus, qui l’a fait repeindre à ses frais au temps de l’empereur Alexandre Sévère. Le sanctuaire semble avoir été abandonné vers le milieu du 3e siècle après J.-C., après une destruction brutale et systématique du grand relief et des objets votifs. Cette destruction a été attribuée aux premières communautés chrétiennes de Strasbourg.