Détail Entité

La comédie de la Mort de Rodophe Bresdin

Rodolphe Bresdin
1854
Provenance : Achat en 2011
Cabinet des Estampes et des Dessins
Rodolphe Bresdin, dessinateur et graveur, fut le maître d'Odilon Redon. La Comédie de la Mort représente la plus marquante des estampes macabres que Bresdin publie durant son séjour à Toulouse, entre 1852 et 1861. La fascination que l’artiste éprouve pour le macabre, constitue l’un des aspects particuliers de son œuvre.

Assez conventionnelle, la Mort sous sa forme squelettique, participe de la Danse macabre popularisée par Holbein. Sans être une figure agressive, elle est pourtant grinçante et reflète bien l’expression du tempérament mélancolique de Bresdin.

Il est de ce fait difficile de savoir si Bresdin, en reprenant le titre d’un poème de 1838 de Théophile Gautier, avait dessiné d’abord ou avait été inspiré en premier par l’intitulé du poème.

En 1884, soit trente ans après la réalisation de cette gravure, Huysmans en livre une description dans son roman A rebours (chapitre V) : « Dans la pièce voisine, […] s’étageaient d’autres gravures, d’autres dessins bizarres. La Comédie de la Mort, de Bresdin, où dans un invraisemblable paysage, hérissé d’arbres, de taillis, de touffes, affectant des formes de démons et de fantômes, couverts d’oiseaux à têtes de rats, à queues de légumes, sur un terrain semé de vertèbres, de côtes, de crânes, des saules se dressent, noueux et crevassés, surmontés de squelettes agitant, les bras en l’air, un bouquet, entonnant un chant de victoire, tandis qu’un Christ s’enfuit dans un ciel pommelé, qu’un ermite réfléchit, la tête dans ses deux mains, au fond d’une grotte, qu’un misérable meurt, épuisé de privations, exténué de faim, étendu sur le dos, les pieds devant une mare. »

La composition est d’une riche complexité qui rend quasi impossible une analyse de tous les détails. L’exécution révèle une science inouïe d’observation dont les trois arbres, à eux seuls, dépassent la puissance vertigineuse atteinte par les maîtres allemands, notamment par Altdorfer ou Aldegrever. Ce foisonnement exubérant se retrouve à l’identique dans la non moins célèbre lithographie de Bresdin, Le Bon Samaritain (1861), également présente dans les collections du Cabinet des Estampes et des Dessins.