Détail Entité

Portrait de jeune femme

Raffaello Santi, dit Raphaël (Urbino, 1483 - Rome, 1520)
Vers 1520

Peinture sur bois, 60 x 44 cm

Musée des Beaux-Arts

Raffaello se forma dans l'atelier de son père Giovanni Santi, puis s'inspira du style de Perugino. À Florence, il découvre les œuvres de Michelangelo, Leonardo de Vinci, et élabore un idéal de beauté fondé sur le naturel. En 1508, il s'installe à Rome et participe à la décoration des appartements de Jules II au Vatican, dont la célèbre chambre "de la signature". Mais c’est dans ses portraits que Raffaello se montre novateur, dans le style comme dans la recherche d’un rapport particulier avec le spectateur.

Ce splendide portrait de jeune femme présente un cas exceptionnel de difficulté d’attribution : exécuté avec une sûreté et une virtuosité étonnantes, il correspond tout à fait à la manière qu’a Raffaello d’imposer ses personnages avec évidence ; pourtant, dès 1938, des voix se sont élevées pour donner l’œuvre à Giulio Romano. Plus récemment, les critiques y voient le résultat d’une étroite collaboration entre les deux artistes. Giulio Romano était en fait capable de rejoindre le style de son maître avec de surprenantes affinités : c’est lui qui cherche à retrouver la splendeur du tissu du costume, des perles de la ceinture ; il sait rendre différemment la peau du visage de celle de la main.

Nous ne savons pas qui était cette jeune femme : Bernard Berenson l’appelle la Fornarina et Peter Gould prétend que le tableau strasbourgeois et le tableau de la Galerie Barberini représentent bien la même personne, mais à des âges différents. La jeune femme de Strasbourg a un front plus fuyant, un nez plus fort, une bouche plus charnue et un cou plus long que celle de la Galerie Barberini. Il semble également que ce type de femme ait constitué l’idéal de beauté de Giulio Romano : on retrouve dans la Vierge de la Pala Fugger le même front haut, la même coiffure avec les cheveux répartis en deux bandes, le même nez long et le même menton pointu.