Détail Entité

Vierge à l’Enfant et deux anges

Sandro Botticelli (Florence, 1445 – Florence, 1510)

Peinture sur bois, 107 x 75 cm

Musée des Beaux-Arts

On peut distinguer deux grandes périodes dans l'œuvre de Botticelli. Entre 1470 et 1485, il élabore un langage exprimant une tension vers l'imaginaire cherchant à transformer la réalité en un mythe de beauté selon les principes du néo-platonicisme. Ensuite, sous l'influence de la condamnation de la culture classique et profane de son temps par Savonarole, il donna à ce même langage une tonalité spirituelle non dénuée de violence.

Son œuvre est marquée par un grand dynamisme et la recherche d'effets plastiques exprimés avec clarté et légèreté.

La Vierge à l'enfant et aux deux anges est attribuée à Botticelli par l'ensemble de la critique, à l'exception de Bernard Berenson, qui la considère comme une version d'atelier. Tous les auteurs s'accordent à dénoter dans cette œuvre un attachement très fort à Filippo Lippi, maître de Botticelli jusqu'en 1469. D'autres auteurs, en particulier Salvini, ont souligné les forts accents de Verrocchio, présents dans le dessin spécifique des lèvres de la Vierge et le raffinement du vêtement de l'ange.

Ce type de composition connaîtra un grand succès dans la Florence de la deuxième moitié du XVe siècle et l'utilisation de certains motifs (le livre posé sur le muret, le vase et les roses) sera largement reprise. L'enfant, plutôt lourd, aux traits peu délicats et d'une expression disgracieuse, est peu fréquent dans l'œuvre de Botticelli et ne se retrouve guère que dans la Madonna Bardi de Berlin, généralement datée vers 1485.

Comme la plupart des œuvres des "primitifs italiens" du Musée de Strasbourg, ce Botticelli a été acquis par Wilhelm Bode, directeur des musées de Prusse ; grand connaisseur de l’art italien, qui avait été chargé de reconstituer les collections du musée après son incendie (le musée se trouvait à l’Aubette) durant la guerre de 1870.