Détail Entité

Saint Sébastien et Saint Roch

Cima da Conegliano (Conegliano, 1459-1460 - Conegliano ou Venise,1517-1518)

Huile sur bois, 116,5 × 47 cm chacun.

Musée des Beaux-Arts

Ces deux panneaux de Cima da Conegliano présentent un intérêt majeur dans la collection de Strasbourg, car ils sont les seuls dont la provenance et l’historique sont établis de manière sûre. Ils représentent saint Sébastien, presque nu, se détachant sur un fond de paysage, et saint Roch, vêtu de son habit de pèlerin. Ces saints, classiques à Venise, se sont associés pour mieux protéger de la peste. Saint Sébastien est ici le type même du martyr fortement idéalisé, dans un tableau affirmant une démonstration de savoir-faire en matière d’anatomie. Le nu encore déterminé par un sens fort de la ligne se détache sur un fond de paysage minutieusement décrit. L’apparition du château Saint-Ange en arrière-plan pourrait signifier davantage qu’un simple élément prouvant le classicisme de Cima : le nom du château commémorerait l’apparition à Grégoire le Grand d’un ange annonçant la peste de Rome en 590, épisode liant parfaitement cette apparition architecturale à l’iconographie des deux saints de la peste.

L’attribution de ces deux panneaux à Cima da Conegliano fut confirmée grâce à la reconstitution du retable dont ils proviennent. Tous deux appartenaient en effet à un même ensemble dont la partie centrale, sainte Catherine d’Alexandrie et la lunette, une Vierge à l’Enfant entre saint Dominique et saint François, se trouvent à la Wallace Collection de Londres. La partie centrale porte une signature sur le piédestal : JOANIS BABTISTE CONEGLANESIS OPUS.

Le retable fut exécuté pour l’église de San Rocco à Mestre. Après la peste de 1630, on changea l’autel en bois pour un autel en marbre et le retable fut déposé dans une remise de l’église San Lorenzo où il connu l’oubli. Une mauvaise copie, vraisemblablement de la fin du XVIIIe siècle, existe encore dans la sacristie de cette église. Le retable fut ensuite acquis par John Strange, résident anglais à Venise, sans doute avant la fin du XVIIIe siècle puis vendu chez Stanley’s le 12 juin 1834. Il fut démembré entre 1832 et 1857, puisqu’à cette date la partie centrale se trouvait à Thirlestane House. C’est M. Cook qui, d’après une indication de Ludwig, fut le premier à reconstituer le retable grâce à la découverte d’une gravure relativement fidèle réalisée par Baratta au XVIIIe siècle.

Prêt de l’œuvre

Le Saint Sébastien est l’objet d’un prêt pour l’exposition « The Renaissance Nude », présentée au Getty Center de Los Angeles, puis à la Royal Academy of Arts de Londres.

Du 30 octobre 2018 au 27 janvier 2019 (Getty Center) 
Du 28 février 2019 au 6 juin 2019 (à la Royal Academy)