Détail Entité

Portrait du cardinal de Richelieu

Phillipe de Champaigne (Bruxelles, 1602 - Paris, 1674)
1642

Huile sur toile, 59 x 46 cm

Musée des Beaux-Arts

Il s’agit d’un des plus importants portraits français du XVIIe siècle et ce à trois titres : importance du peintre, importance du modèle, importance intrinsèque de l’œuvre. Refusant d’entrer dans l’atelier de Rubens, Champaigne fit une carrière parisienne brillante.

Champaigne est un magicien : sa minutie flamande pousse le naturalisme au plus haut degré de perfection. Chaque détail, tel que les poils du modèles, est rendu avec soin sans pour autant nuire à l’ensemble. Le profil, aquilin, cadré pour ne montrer que le buste évoque celui de Jules César sur une médaille. Cette audace s ‘explique par la fonction initiale du tableau. En effet, le peintre avait reçu la commande d’un double portrait, qui devait être envoyé à Rome pour qu’un sculpteur réalise à distance un buste en marbre. De son vivant, le tableau fut coupé pour ne conserver que le profil. Richelieu appréciait tant Champaigne qu’il lui fit retoucher tous les portraits de lui déjà peints. Cela montre l’intérêt du ministre pour son image et son contrôle. Richelieu incarne à lui seul la raison d’État, l’absence d’émotion, l’orgueil. Champaigne dans ses portraits en pied et en buste de Richelieu a fixé ses traits mais aussi son caractère, pour l’éternité. Rarement peinture a donné une image aussi définitive et glaçante d’un personnage historique.