Détail Entité

Paire d’arquebuses de chasse à rouet

Samuel Doepffer (1623-1681), Nicolas Glock (cité en 1645)
1666

Acier, laiton, acajou, ivoire

Poinçon de contrôle de Strasbourg

Musée Historique

Deux maîtres arquebusiers strasbourgeois, Samuel Doepffer et Nicolas Glock, ont travaillé ensemble à la réalisation de cette paire d’arquebuses datée de 1666. Le premier a fabriqué le canon, le second la platine et ses mécanismes. Le nom du sculpteur de la crosse reste par contre inconnu.

Samuel Doepffer était réputé pour son habileté dans le forage des canons d’arquebuse et la coupe des rayures, autant que pour son caractère violent et querelleur ! Nicolas Glock a apporté un soin particulier aux platines à rouet. Ce mécanisme, d’invention allemande (vers 1530), a la préférence des chasseurs, alors que le système à mèche, plus ancien mais plus robuste et moins sophistiqué, reste prépondérant sur les champs de bataille. La qualité du fini des platines exécutées par Nicolas Glock se révèle jusque dans les parties invisibles logées dans le fût. Le rouet est garni d’une plaque de laiton gravé, le chien et les ressorts sont ciselés de rinceaux ou de feuilles stylisées.

La crosse et le fût des arquebuses présentent une belle originalité : au lieu d’être incrustés de plaques d’ivoire gravées comme c’est souvent le cas de arquebuses de chasse, ils sont richement sculptés dans du bois d’acajou. Seul le couvercle de la boîte de crosse d’une des deux arquebuses est plaqué d’ivoire et marque une différence entre les deux armes, par ailleurs semblables. Tout un bestiaire court de la crosse au fût : des scènes de chasse, une meute qui se lance à la poursuite du gibier, des animaux sauvages attaquant des chevaux, des lévriers poursuivant des lièvres et des lapins, des chasses à l’ours, au cerf, au sanglier, et même…une cigogne !

De telles armes étaient assurément destinées à un grand personnage. Le motif représenté sur les plaques de couche en laiton nous donne la clé et, chose rare, la date : 1666. Le personnage en armure, tenant un paquet de flèches et survolé par un cygne, serait Cornelis de Witt, député des Pays-Bas lors de la guerre contre l’évêque de Munster en 1665-1666. La paire d’arquebuses a pu lui être offerte à l’occasion du traité de paix de 1666.

Voilà bien une commande qui témoigne de la grande réputation des armuriers strasbourgeois à travers l’Europe du 17e siècle !