Détail Entité

Torpédo Mathis

1925

Pièces mécaniques d’origine, carrosserie et garnitures en partie modernes

Provenance : Acquisition réalisée avec le soutien du Fonds Régional d’Acquisition pour les Musées (État/Conseil Régional d’Alsace)
Musée Historique

L’industrie automobile à Strasbourg

Il est le quatrième constructeur automobile français, juste après Citroën, Renault et Peugeot. À la fin des années 1920 et au début des années 1930, Émile Mathis a réussi son pari industriel. D’abord associé à Ettore Bugatti, rencontré au sein de la société De Dietrich, il avait participé à des courses automobiles. Puis ouvert son premier garage rue Finkmatt, l’Auto Mathis Palace. Les grandes marques automobiles européennes y étaient représentées. En 1911, il décide de fabriquer ses propres voitures. Il érige à la Meinau l’une des plus grandes et des plus modernes usines d’Europe, d’où sortiront 90 000 véhicules.

Des préoccupations modernes

Émile Mathis cherche à produire non pas des voitures de luxe, mais des voitures légères et populaires. Il a recours à tous les moyens publicitaires pour faire connaître sa marque : assiettes, bols, affiches, épingles… Son logo est apposé aussi bien sur les jantes que sur les bouchons de radiateur ou sur le moteur. Il lance de célèbres slogans publicitaires, dont "Le poids voilà l’ennemi" ou encore "La voiture qui a étonné l’Amérique". Mathis s’intéresse aussi aux véhicules utilitaires, ambulances, camions, tracteurs, etc.

Les conséquences d’une association et de la guerre

Mais la crise survient et suite à une association malheureuse avec l’américain Ford sous le nom de Matford, sa production s’arrête en 1935 au profit des voitures Ford. Mathis se tourne alors vers la construction de moteurs d’avions et investit à partir de 1938 dans Mathis Aviation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il émigre aux États-Unis où il crée l’usine Matam qui fabrique quelque 200 millions d’obus. Cette industrie lui vaut la plus haute distinction américaine : le "E" de la Navy. C’est lui qui donne aux Américains les indications pour bombarder ses usines strasbourgeoises réquisitionnées par les Allemands. Ces derniers ont fait construire juste à côté des locaux ultramodernes pour les tests des moteurs Junkers. Revenu à Strasbourg en 1946, Mathis dispose de deux prototypes révolutionnaires, la 333 et la 666. Mais sa tentative pour redémarrer la fabrication d’automobiles aboutit à un échec. Il meurt accidentellement à Genève en 1956.

Témoin de cette belle aventure industrielle à Strasbourg, l’ancien bâtiment administratif de l’usine domine toujours l’avenue de Colmar, à l’emplacement de l’actuelle concession Citroën et son premier garage est encore visible rue Finkmatt.