Détail Entité

Portrait de Louis XIV devant Strasbourg

Attribué à Adam van der Meulen
Vers 1682

Huile sur toile

Musée Historique

Portrait de monarque

N’a-t-il pas fière allure, ce Louis XIV campé sur son cheval, avec son bâton de commandement ? Derrière lui, la flèche de la cathédrale permet d’identifier immédiatement Strasbourg. Cette peinture, sortie de l’atelier d’Adam van der Meulen, assoit sans conteste l’autorité du monarque sur une ville nouvellement conquise.

La conquête de Strasbourg

À l’issue de la Guerre de Trente Ans, l’essentiel de la province d’Alsace est passé au roi de France. Seules Strasbourg et Mulhouse sont encore libres. Depuis le Moyen Âge, Strasbourg tire une grande part de ses ressources du contrôle qu’elle exerce sur le pont du Rhin. Durant les conflits du 17e siècle, elle autorise tour à tour les deux camps ennemis - Impériaux et troupes royales françaises - à utiliser cette voie.

Le roi en conçoit l’idée de reculer au niveau du Rhin la frontière entre la France et l’Allemagne. Après avoir conquis Kehl en 1678, il fait demander en 1681, par l’intermédiaire de Louvois, la reddition de Strasbourg et l’obtient. La ville capitule mais conserve l’essentiel de ses privilèges, tel le culte protestant. En revanche, la cathédrale est restituée aux catholiques et toutes les armes doivent être cédées ainsi que le contrôle sur la fabrication des canons. Les monnaies continuent à être frappées sur place, mais doivent s’adapter progressivement à la monnaie française. Un Préteur royal assure désormais l’intermédiaire entre la ville et le roi, reprenant à son compte un certain nombre de prérogatives autrefois exercées par le Magistrat. Mulhouse quant à elle ne reviendra à la France qu’en 1798.