Détail Entité

Polyptyque de la Vanité terrestre et de la Rédemption céleste

Hans Memling (Selingenstadt, vers 1435 Bruges, 1494)
Vers 1485

Peinture sur bois, 6 panneaux de 20 x 13 cm chacun

Musée des Beaux-Arts

Né en Allemagne, Memling est un des fondateurs de l’école de Bruges où il s’installa. Il y créa un art fait d’élégance, de clarté et d’équilibre. Sa renommée s’étendit de son vivant à l’Italie avant de culminer au temps du Romantisme.

Dans le Ciel est représenté le Christ en gloire, le Salvator Mundi. La Vanité est figurée par une jeune femme tenant un miroir. Cette figure nue est la plus célèbre du polyptyque, bien que la présence de sandales à ses pieds intrigue. Les deux lévriers qui l’accompagnent ont une symbolique érotique, renforçant la force de ce nu. Son miroir est emblème de Luxure. Il faut y voir une réminiscence d’Ève, ou de Bethsabée, à la source du péché, et elle doit être mise en relation avec le transi de la Mort.

Memling a le talent raffiné d’un miniaturiste dans le traitement des détails mais aussi le souffle et l’ampleur pour aborder la mort et son spectacle désolant. La lecture se fait pas à pas, de l’exhortation à fuir les biens tentants plaisirs terrestres pour atteindre le Jugement dernier et éventuellement le Paradis. À côté du Salvator Mundi, l’Enfer perd de son caractère effroyable. Mais la méditation moralisante sur la mort et le salut éternel n’excluaient ni la contemplation des activités terrestres ni la fierté de son commanditaire.