Détail Entité

Intérieur de la Oude Kerk d’Amsterdam

Emanuel de Witte (Alkmaar, vers 1617 - Amsterdam, 1691-1692)
Vers 1655

Huile sur bois, 60 x 52,5 cm

Musée des Beaux-Arts

Emanuel de Witte entre en apprentissage à Delft chez un peintre de natures mortes. Il y intègre la corporation des peintres en 1642. C'est à partir de 1652 qu'il est cité dans les archives d'Amsterdam. Les scènes historiques et les portraits de sa jeunesse témoignent de diverses influences, notamment celles de Gérard Dou et des peintres de l'École d'Utrecht. Il se spécialise après 1650 dans les représentations d'architectures et d'intérieurs d'églises en particulier, tout en peignant aussi des scènes de genre, des vues de port imaginaires et des scènes mythologiques.

Des deux Intérieur d'église conservés au Musée des Beaux-Arts, celui-ci est particulièrement représentatif de la production amstellodamoise d'Emanuel de Witte. Il s'agit vraisemblablement de l'Oude Kerk d'Amsterdam. Le regard est projeté dans un espace - en l'occurrence un des bas-côtés et le chœur de l'église - où zones d'ombre et de lumière sont distribuées selon un rythme qui n'a rien de symétrique, ni de systématique. Un point d'orgue semble s'établir en la personne courbée au-dessus d'un madrier qui définit la profondeur de champ. De Witte se sert des figures pour indiquer l'échelle de grandeur de l'édifice. Elles bénéficient d'accents de lumière et de couleurs vibrantes, tel le gilet rouge du fossoyeur, à partir desquels l'église entière devient vivante. Au fond à gauche, un cortège funèbre disparaît quasiment derrière les stalles, comme si l'artiste voulait occulter l'enterrement, c'est-à-dire le sujet même de la représentation. Par contre, c'est une évocation de la vie dans sa totalité que l'artiste suggère au premier plan : autour de la fosse, la jeune mère et son enfant, le jeune garçon, les deux hommes d'âges différents évoquent les différentes phases de la vie jusqu'à la mort. Loin de l'ostentation funèbre du cortège, la mort qu'évoque de Witte dans une atmosphère lumineuse et sereine devient ainsi partie intégrante de la vie.

Au-delà de la vue topographique, certes belle, d'un intérieur d'église, c'est un moment de réflexion que nous propose Emanuel de Witte.