Détail Entité

L’Écureuse de cuivres

Antoine Watteau (Valenciennes, 1684 - Nogent-sur-Marne, 1721)
Vers 1709-1710

Huile sur toile, 53 x 44 cm

Musée des Beaux-Arts

On ne soulignera jamais assez que la formation de Watteau, né à Valenciennes, fut essentiellement flamande. L’œuvre du musée en est la parfaite illustration. S’inscrivant dans sa période de jeunesse, L’Écureuse de cuivres est une peinture atypique dans son œuvre. Le sujet est parfaitement trivial et le tableau semble un pastiche d’après des peintures semblables de Kalf. L’accrochage de cette peinture de Watteau au sein de la section nordique ne choque pas et permet au contraire des comparaisons fructueuses, tant dans les points communs que dans les différences.

Watteau est ici à la recherche de sa technique, étudiée d’après les maîtres flamands et hollandais mais aussi italiens et français de la couleur, et montre déjà sa virtuosité. Ce n’est plus un débutant mais il est encore en quête du genre qui lui permettra d’exprimer au mieux sa personnalité et de se forger une clientèle. Avec ce tableau, nous possédons aussi la plus achevée des natures mortes de Watteau. Le peintre montre sa sensibilité dans le traitement du ciel et le rendu des reflets métalliques des cuivres et des étains comme des étoffes. Passant du registre trivial à celui de la société raffinée, Watteau ne perdit pas son sens de l’observation et de sa poésie.