Détail Entité

Sainte Ursule et ses compagnes dans une nef / Archers décochant leurs flèches

Rhin supérieur (Colmar ?), vers 1450

Huile sur panneau de bois
68,8 x 57,2 cm chaque
Inv. MBA 114

Provenance : Acquis en 2001 avec l’aide du Fonds Régional d’Acquisition des Musées.
Musée de l'Œuvre Notre-Dame

Ces deux panneaux peints proviennent d'un même retable, réalisé vraisemblablement pour le couvent des dominicaines d'Unterlinden de Colmar. Ils évoquent la légende de sainte Ursule, fille d'un roi chrétien, promise en mariage à un prince païen. Elle pose comme condition à ce mariage que son fiancé se fasse baptiser et l'accompagne lors d’un pèlerinage à Rome. Elle demande également qu'on lui donne dix vierges "très distinguées" pour la consoler, et mille vierges à chacune de celles-ci. De plus, Ursule aura trois ans pour réfléchir. Accompagnée d'évêques, la foule s'embarque dans une expédition qui la mène jusqu'à Rome. Le voyage du retour se termine tragiquement sous les murs de Cologne.

L'un des panneaux figure le voyage de sainte Ursule et de onze jeunes filles nobles le long du Rhin dans une barque conduite par des anges. L'autre représente l'attaque de leur convoi par les Huns sous les murs de Cologne: "Quand ces barbares les virent, ils se jetèrent sur elles en poussant des cris affreux et comme des loups qui se jettent sur des brebis, ils massacrèrent toute la multitude" (J. de Voragine, La Légende dorée, 1483).

L'auteur de ces panneaux, un maître œuvrant en Alsace vers 1440-1450, est marqué par l'influence de Stephan Lochner, éminent artiste colonais. Cette dépendance se manifeste par l'emprunt de motifs particuliers et de schémas de composition, mais également par l'inscription d'un tel ensemble dans la lignée des grands cycles de sainte Ursule traités à Cologne au milieu du XVe siècle. Les panneaux alsaciens manifestent toutefois un certain archaïsme.