Détail Entité

Nature morte de chasse

Michiel D. Van Limborch (actif entre 1636 et 1675)

Huile sur toile, 111,5 x 89 cm

Musée des Beaux-Arts

La biographie de Michiel D. van Limborch est encore aujourd’hui très lacunaire. Nous n’avons pas de renseignement concernant ses lieux et dates de naissance et de mort, mais nous savons qu'il fut actif pendant la seconde moitié du XVIIe siècle par les quelques traces qu'il laissa au cours de ses voyages. Nombre de ses œuvres restent à identifier. Outre des natures mortes, il peignit aussi des portraits de groupe, des peintures de genre et des intérieurs.

Ce grand tableau regroupe dans la plus pure tradition des peintures cynégétiques quelques pièces de gibier exhibées en attente d’être préparées.

Devant une niche de pierre, sur le rebord de laquelle gisent un lapin de garenne et une perdrix grise, se déploie une buse variable accrochée en trompe-l’œil par une patte. Son aile se déroule devant le corps tel un éventail et dissimule entièrement sa tête. Le lapin de garenne est étendu sur le rebord de pierre, la tête posée sur le flanc de la perdrix. La partie inférieure de son corps repose sur une étoffe de soie bleue frangée d’or, une sorte de gibecière qui servit probablement au transport des cadavres. À côté, un cor évoque la technique de chasse pratiquée précédemment.

Le motif illusionniste du gibier mort pendu par les pattes connu un succès considérable au sein de l’école batave dès la seconde moitié du XVIIe siècle. Hérité des natures mortes de chasse des peintres baroques anversois tels que Frans Snijders ou encore Pieter Boel, dont s’inspire ici tout particulièrement Michiel D. van Limborch, ce thème fut répandu par les artistes hollandais dans un style beaucoup plus dépouillé, typique de leur art.

La facture est fouillée et raffinée, particulièrement dans le rendu illusionniste du plumage de la buse, dans celui du pelage du lapin ou encore dans la figuration de l’étoffe de soie. L'artiste ne cherche pas à exhiber les dépouilles de quelques pièces de gibier ramenées de la chasse, mais s’efforce bien au contraire à rendre à ces animaux morts toute leur majesté au travers d'une peinture soignée et élégante.