Détail Entité

Drapeau de la Libération de Strasbourg

Emilienne Lorentz
23 novembre 1944

Coton, fibres mixtes, encre ou charbon, mine de crayon

Musée Historique

"Tissu est dans iode". C’est par ces mots sibyllins devenus célèbres qu’est annoncée l’entrée à Strasbourg de la 2e DB placée sous les ordres du général Leclerc. Le 23 novembre 1944, Emilienne Lorentz, dont le mari tient une boucherie place Saint-Etienne, coud à la demande des soldats de Leclerc, un drapeau dans un morceau de drap blanc partiellement teint en bleu de méthylène et y ajoute un bout de l’étendard nazi rouge. Ce drapeau improvisé est ensuite hissé au sommet de la cathédrale par Maurice Lebrun du Régiment de Marche des Spahis Marocains. Le serment prononcé à Koufra, en Libye, le 2 mars 1941 : "Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg" est enfin accompli.

Pour Leclerc, cette campagne de libération a commencé en Afrique où de Gaulle l’a envoyé en août 1940 et où il combat jusqu’en avril 1944. Le général part ensuite pour l’Angleterre entraîner sa division sur du matériel américain. En août 44, la 2e Division Blindée débarque en Normandie. Le 25 août, elle entre dans Paris puis se dirige vers la Lorraine (septembre - octobre) avant d’entamer la campagne d’Alsace (21 novembre 1944 - 25 février 1945).

Strasbourg, libérée le 23 novembre 1944, est encore encerclée par les troupes allemandes. Pour consolider cette victoire, il faut attendre le mois de janvier et les terribles batailles menées à Kilstett et à Gambsheim lors de l’offensive allemande Nordwind. La ville restera exposée aux tirs des canons jusqu’en mai 1945. Dans le même temps, les troupes de "Rhin et Danube", surnom donné à la Première Armée du général de Lattre de Tassigny, participeront aux combats de la poche de Colmar, autre étape de la libération de l’Alsace.