Détail Entité

Bombardement de Strasbourg en 1870

Jules Broutta (1841-1916), Charles Alfred Touchemolin, Émile Schweitzer
1870

Encre à la plume, aquarelle au lavis et rehauts de gouache blanche

Musée Historique

Cinquante-deux jours de siège, soixante-mille assaillants et plus de deux-cent mille obus sur la ville : le bombardement de 1870 constitue l’épisode le plus meurtrier de l’histoire de Strasbourg. Il participe à la défaite française et l’Alsace et une partie de la Lorraine seront annexées à l’Empire de Guillaume Ier.

Une quinzaine d’autres sièges jalonneront cette guerre, mais celui-ci est le premier de l’ère moderne, avec bombardement des civils et s’inscrivant dans l’idée de guerre totale. Il constitue non seulement une démonstration de force, mais aussi un test et une instruction pour les sièges à venir.

Malgré une impréparation totale, un matériel obsolète et une garnison en infériorité numérique, la place résiste seule, coupée du monde. Parmi la multitude d’obus tirés par les nouveaux canons Krupp en acier et à chargement par la culasse, douze-mille visent le centre ville et les principaux édifices publics. Dans les nuits terribles du 23 au 26 août, le musée des Beaux-Arts à l’Aubette et la précieuse bibliothèque municipale au Temple-Neuf sont réduits en cendres. Des quartiers entiers, tels le faubourg de Pierre, brûlent sous l’effet des obus incendiaires. Les habitants sont contraints à se réfugier dans les caves ou dans des abris de fortune.

Cependant, la population se mobilise pour organiser les secours et crée, sous l’égide de la future Croix-Rouge, le comité de Strasbourg. Par ailleurs, la Confédération helvétique est à l’initiative d’une des premières ingérences humanitaires dans un conflit : perpétuant le pacte conclu trois siècles auparavant lors du concours de tir de 1576, les villes de Bâle, Zurich et Berne viennent au secours de Strasbourg en envoyant des délégués dans la ville assiégée. Ceux-ci obtiennent l’autorisation d’évacuer vers la Suisse une partie des habitants.

Ce n’est qu’au terme d’un siège en règle et à la veille de l’assaut que la ville capitule. Au final, un tiers de Strasbourg est détruit, 1400 personnes ont trouvé la mort ou sont blessées et 10 000 sont sans-abris.

Les destructions, puis le plan d’urbanisme de la fin du 19e siècle, font évoluer la ville qui s’étend désormais au-delà de l’enceinte médiévale. En 1919, le musée historique est créé pour rappeler le Strasbourg disparu en 1870. Les Strasbourgeois enrichissent ses collections de nombreux témoins et reliques du bombardement conservés pendant l’annexion allemande.