Détail Entité

Canon "Le Sompteux"

Jean Maritz II (1711-1790)
1742

Bronze

Musée Historique

Le "Sompteux" fait partie des nouveaux canons fondus à Strasbourg après le rattachement au Royaume de France en 1681. La célèbre fonderie de canons strasbourgeoise, qui avait fait la fortune de la ville, a perdu son autonomie en même temps que son arsenal de 270 pièces, parti à Paris : elle est devenue fonderie royale.

Le "Sompteux" n’échappe pas à la règle : il est conforme à l’ordonnance royale de 1732 qui limite et uniformise les types de bouches à feu. Avec son calibre de 24 (pour 24 livres, poids du boulet) et ses 2700 kg, il est le plus gros des cinq calibres autorisés par cette ordonnance.

Son ornementation, composée d’armoiries et de devises latines, répond elle aussi aux exigences royales. Le nom, les titres et les armoiries du grand maître de l’artillerie de France de l’époque figurent en bonne place : Louis Charles de Bourbon, comte d’Eu, duc d’Aumale. Ils sont surmontés de la devise de l’artillerie Ultima ratio regum, "le dernier argument du roi" : il appartient au roi de déclencher la guerre si la diplomatie a échoué. Le blason aux trois lys de France, le soleil rayonnant à visage humain et la devise de Louis XIV Nec pluribus impar ("Au-dessus de tous") achèvent ce programme résolument monarchique.

Fondu en 1742, ce canon en bronze bénéficie des innovations techniques qui voient le jour à Strasbourg sous l’impulsion des nouveaux directeurs nommés par le roi. Le Suisse Jean Maritz l’a réalisé selon un nouveau procédé : après la coulée pleine, qui a remplacé la coulée à noyau, le canon passe sur la machine à forer inventée par son père, Jean Maritz I.

"Le Directeur", "Pollux", "La Meilleraye", "L’Écureuil", "L’Enchanteur", "Le Bandeau" : tels sont les doux noms des autres canons présentés au musée et illustrant toute la période de production de la fonderie royale, jusqu’à sa fin en 1865. Celle-ci est alors transférée à Bourges, loin de la frontière et du feu de l’ennemi potentiel.