Détail Entité

Les Quatre saisons

Peintre strasbourgeois
1ère moitié du XVIIe siècle
Huile sur toile
Musée Historique

Des saisons à la manière d’Arcimboldo

L’artiste anonyme strasbourgeois qui composa ces têtes s’inspira sans conteste d’Arcimboldo, le célèbre peintre milanais qui œuvra à la cour de Vienne de 1560 à 1587. Il admira peut-être le portrait de Rodolphe II dit Vertumne, représentant le dieu des saisons peint vers 1590 et aujourd’hui exposé en Suède.

Que trouve-t-on dans les potagers strasbourgeois ?

Pour réaliser ces quatre têtes masculines, figures des quatre saisons, l’homme eut à cœur de choisir des légumes et des fruits d’Alsace : noisettes, châtaignes, radis, carottes, courges, asperges, raisins, petits pois, choux à choucroute, navets, cerises, pommes et poires. Ni ail ni oignon n’entrent dans la composition mais quelques échalotes représentent les yeux. On s’étonnera peut-être de la présence de l’artichaut, plus rare, dont la culture est cependant possible à Strasbourg. En dehors de l’ellébore et de la fleur de petits pois, l’artiste a privilégié les comestibles et sélectionné pour chaque saison les fruits et légumes appropriés.

Ces portraits "à la manière d’Arcimboldo", même s’ils sont d’une facture un peu grossière, s’inscrivent dans le courant maniériste de la fin du 16e et du début du 17e siècle. La précision avec laquelle fruits et légumes sont représentés renvoie aux nombreux ouvrages du 16e siècle consacrés aux plantes, comme par exemple les ouvrages d’Otto Brunfels illustrés par Hans Weiditz.

Une œuvre emblématique des jardiniers

Les quatre peintures ornaient les murs du poêle de la corporation des Jardiniers, situé 7 rue du Faubourg National - à proximité du quartier du Marais Vert, au nord de la cité. Cette importante corporation disposait de deux autres poêles, au 47 faubourg de Pierre et au 3 rue de la Krutenau. Tous sont aujourd’hui disparus.