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Les petits soldats de Strasbourg

Musée Historique

Des régiments de papier, témoins nostalgiques de périodes de gloire. Jouets modestes mais d’une grande précision, les petits soldats de Strasbourg rappellent des victoires françaises ou des unités qui se sont illustrées en Alsace.

Petits soldats de Strasbourg

C’est une armée certes fragile mais fort impressionnante : 60 000 figurines de papier, données pour moitié par Fritz Kieffer. D’une très grande précision dans le détail de l’uniforme, des grades et des décorations, elle écrase ses rivaux de plomb et d’étain.

Qui ?

Les soldats de papier de Strasbourg relèvent en majorité de la Garde Impériale et de la Confédération du Rhin du Premier Empire. Sont également largement représentées l’armée d’Afrique, la Garde Nationale, les unités ayant participé aux évènements de 1830 ou de 1848 (peintes par Jules Schneider), la Garde impériale de Napoléon III ou encore les unités ayant défendu Strasbourg (œuvres de Klaenschi entre autres). Défilent aussi toutes sortes de fanfares militaires.

Comment ?

Les silhouettes, faites d’un papier fin contrecollé sur plusieurs épaisseurs jusqu’à ressembler au carton, sont fixées sur un support en bois pour aller s’aligner en bataillons et former des parades militaires. Elles évoquent les personnages peints à la main de la tradition des théâtres de papier ou des crèches, répandue en Allemagne, en Autriche et en Italie.

Depuis quand ?

C’est le chevalier Pierre d’Isnard qui réalise les premières à la fin du 18e siècle. Le graveur Jean-Frédéric Striedbeck lui emboîte le pas. La mode se développe considérablement au cours du 19e siècle avec Boersch, Carl, etc. et jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale. Des imprimeurs comme Gustave Silbermann puis Fischbach, les Wentzel à Wissembourg ou encore ceux de Metz et d’Épinal répondent à cet engouement par des impressions massives de planches en noir et blanc ou en couleur.

Certaines séries sont réalisées dans la première moitié du 19e siècle, mais davantage encore après 1870 (collection Carl ou Maillot par exemple). Elles font la joie des Alsaciens restés dans la petite patrie ou dispersés ailleurs, attachés à la France et à ses périodes glorieuses.