Détail Entité

Lezay-Marnésia (1769-1814)

Philippe Grass (1801-1876)
1857
Musée Historique

Que parle-t-on à Strasbourg ?

Dans les rues de Strasbourg au début du 19e siècle, on parle sans doute d’abord l’alsacien. Seuls les artistes et artisans venus de Paris et les troupes de la garnison s’expriment en français. L’école n’est pas encore obligatoire et pour ceux qui ont le privilège d’y aller, l’apprentissage du français commence après celui de l’allemand. Au Gymnase par exemple, il en ira ainsi jusque vers 1848. Quant à l’enseignement à l’Université de Strasbourg, il se fait dans l’une ou l’autre langue, selon les cas et le choix des professeurs. Ce qui éclaire parfois certaines contradictions : le poète et avocat Ehrenfried Stoeber tout en affirmant son identité française, préfère écrire en allemand.

Depuis 1681, tous les documents officiels de la ville sont publiés à la fois en français et en alsacien ou moyen haut allemand.

Un préfet soucieux de l’apprentissage du français et d’une double culture

Adrien de Lezay-Marnésia, préfet du Bas-Rhin à partir de 1810, entreprend de développer l’apprentissage du français. Il fonde la première école normale de France à Strasbourg en 1810. Mais il sait l’avantage d’une double culture car lui-même a suivi des études de diplomatie à Brunswick. Il a aussi étudié à Göttingen puis officié en tant que préfet à Coblence (département Rhin et Moselle). Il maintient donc l’enseignement de l’allemand.

Un préfet qui développe l’agriculture et les routes

Il s’attache par ailleurs à développer la culture du tabac et des arbres fruitiers et fait remettre en état les axes de communication que les campagnes révolutionnaires puis napoléoniennes ont mises à mal. C’est pourtant l’état des routes qui lui sera fatal : au cours d’une visite à Landau, sa calèche verse dans le fossé. Quand il revient à Strasbourg pour se faire soigner, les portes de la ville sont fermées et il succombe à ses blessures.