Détail Entité

Nécessaire de campagne de Jean-Baptiste Kléber

Fin du 18e siècle

Coffre en acajou à garnitures de cuivre et de laiton, gainé de velours bleu. 45 pièces en argent, acajou, ébène, cristal, ivoire, corne, nacre, cuir, maroquin.

Musée Historique

Un talent militaire révélé à la Révolution

Sans la Révolution, Kléber n’aurait pu accomplir le parcours qui fut le sien. Sa vocation militaire qui se manifeste dès son plus jeune âge est d’abord niée par sa mère. Contre la volonté de celle-ci, il s’enrôle à deux reprises durant l’Ancien Régime dans des armées étrangères. Mais à cause de ses origines roturières, son évolution est bloquée. Et ce n’est qu’après la Révolution, qui donne au mérite toute sa place et non plus à la seule naissance, que sa carrière militaire progresse jusqu’au grade de général.

Mais que reste-t-il à Strasbourg de ce grand stratège, dont les écrits et lettres de l’époque vantent les mérites ? Peu de choses, sinon la statue sous laquelle il est enterré, érigée sur la place qui porte son nom. Deux sabres, des éléments de ses cercueils successifs, son équerre et son compas d’architecte - Kléber était architecte de formation - quelques dessins d’églises ou de jardins… et un beau nécessaire de voyage fabriqué par le tabletier Maire.

Un nécessaire de voyage luxueux

Celui-ci comprend d’une part les objets indispensables à la toilette, au nettoyage et au port de l’uniforme, d’autre part les ustensiles pour faire du thé, du café ou du chocolat. Un certain nombre de pièces en argent portent le poinçon de Julien Petit, ou Boulogne-Petit, accompagné du poinçon de jurande en vigueur entre 1789 et 1791. D’autres détails montrent que ce nécessaire a été réassorti ultérieurement. Maire a dû utiliser des pièces d’orfèvrerie anciennes pour le réaliser.

Kléber tout un symbole pour les Strasbourgeois

Quoique fervent révolutionnaire, Kléber, enfant d’un maçon et tailleur de pierre à Strasbourg, ne dédaignait pas le luxe. Il acquit cet ensemble une fois devenu général. Comme lui, d’autres généraux, et Napoléon le premier, affectionnaient ce genre d’objets et en passèrent commande auprès de Maire ou de Biennais dont cela devint la spécialité.

Resté en Égypte après le retour de Bonaparte et de ses troupes, ce représentant de l’occupant sera assassiné au Caire en 1800. Avec Hoche, il devient le symbole de l’attachement à la patrie.

Et après 1870, chaque 14 juillet, c’est au pied de la statue qui l’honore que se rallient les étudiants pour manifester leur attachement francophile dans une Alsace devenue allemande.

Pierre-Dominique Maire (fabricant de nécessaire, vers 1763-1827), Julien Petit ou Boulogne-Petit (orfèvre, maître en 1765, cité en 1793)