Détail Entité

Armure de l’homme de fer

En partie du XVIe siècle
Alliage ferreux forgé et repoussé, cuir
Musée Historique

Une enseigne

Au 18e siècle, elle est d’abord l’enseigne d’un armurier, signe de l’importance de la chose militaire à Strasbourg. La ville abrite alors fondeurs de canons réputés et fabricants d’armures et d’arquebuses. Composée d’éléments d’époques différentes qui proviennent pour partie de l’équipement d’un homme à pied - morion ou protection de tête - et pour le reste d’un cavalier, cette armure n’a pu appartenir à un homme de guet et n’aura sans doute jamais été portée. Elle n’en deviendra pas moins le célèbre "homme de fer".

Un symbole

Après 1870, alors que l’Alsace vient d’être annexée par l’empire allemand, un groupe qualifié d’autonomistes souhaite défendre les intérêts de la "petite patrie" en participant activement à la vie politique d’Alsace-Lorraine. Ce groupe choisit l’"homme de fer" pour emblème. Face à lui, un autre mouvement appelé protestataire refuse de participer aux débats et marque sa contestation en montrant les Allemands sous les traits du Renard prêchant, du nom d’un restaurant situé à la Krutenau. D’un côté le Renard prêchant coiffé d’un casque à pointe, de l’autre l’"homme de fer" érigé en tribun face à ses compatriotes. Ces deux figures s’affrontent en couverture de nombreuses brochures publiées à l’occasion d’élections. Ce sont, au fil des décennies, les autonomistes qui l’emporteront.

La place de l"homme de fer" est ainsi dénommée depuis le 18e siècle. C’est celle où se trouvait l’échoppe de l’armurier. La boutique a été remplacée par une pharmacie qui existe encore aujourd’hui et dont l’enseigne est une copie de la célèbre armure. Cette dernière fut exposée, ainsi qu’une reconstitution de la maison Kammerzell, dans la section allemande de l’Exposition universelle à Paris en 1900.