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Moulage d’une grenouille taureau. Musées de Strasbourg / D. Nitka

Cette grenouille taureau provient de la région de Bordeaux. Cette espèce invasive est classée comme nuisible et n’est donc pas protégée. Congelé pour le maintenir en bon état, le spécimen a été envoyé par la poste.

L’espèce était présentée dans le cadre d’une exposition sur les espèces invasives, mais il fallait plusieurs spécimens facilement manipulables car utilisés aussi comme matériel pédagogique. Or la naturalisation des batraciens est difficile, leur peau étant très fine. Le moulage s’avère être la solution la plus adaptée pour disposer facilement de plusieurs exemplaires.

La préparation avant le moulage

Avant de démarrer le moulage, le spécimen est placé et maintenu dans une position naturelle à l’aide de fils de fer inox introduits dans les membres et la colonne vertébrale. Pour qu’il se conserve parfaitement pendant la durée des différentes phases du moulage, les tissus sont fixés à l’aide de plusieurs bains successifs composés d’alcool et de formol.

Moulage

La première phase consiste à recouvrir entièrement le spécimen d’un mélange d’alginate et d’eau qui se figera au bout d’une heure. L’alginate, produit à base d’extraits d’algues, permet ainsi d’obtenir rapidement un modèle à moindre coût et à usage unique. La grenouille taureau est ensuite extraite de cette matière souple et gélatineuse pour ne laisser que son empreinte. On y coule de la résine polyuréthane, qui reprendra la forme et le volume du spécimen. Ce premier modèle de base n’est pas utilisable tel quel. Il faut le retravailler pour corriger toutes les imperfections et déformations qu’il peut présenter.

 

 

Une fois rectifié, le modèle de base est fixé sur un lit de pâte plastique (genre de pâte à modeler pour moulage). Dans la même matière, on confectionne tout autour un muret de hauteur suffisante de façon à obtenir une sorte de récipient étanche. On y coule du silicone de façon à recouvrir entièrement le modèle. Suivant la température et l’humidité de la salle, le silicone sera complètement figé (polymérisé) au bout de douze à vingt-quatre heures, donnant une matière élastique et caoutchouteuse. Une fois le modèle retiré, on peut réaliser au moins huit exemplaires en résine polyuréthane dans ce moule. Ces tirages sont résistants et parfaitement identiques au spécimen original, ils devront simplement être légèrement ébavurés. On peut réaliser jusqu’à deux tirages par jour.

Si les formes à reproduire sont plus simples (crâne par exemple), le premier modèle obtenu peut être utilisé.

Dernière beauté

Les modèles définitifs, de couleur blanche, doivent être recolorés pour leur donner l’aspect d’une grenouille taureau vivante. Cette étape se fait à l’aide de couleurs acryliques, de pinceaux et d’un aérographe. Pour chaque modèle, deux jours sont nécessaires pour obtenir un rendu très précis. Le crapaud taureau d’origine a, quant à lui, été traité par imprégnation au polyèthylène glycol (une sorte de momification avec une cire synthétique) et peut également être présenté à sec.