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Mission : faire parler les objets

Une première stabilisation

Le séjour des objets dans le sol entraîne généralement un processus de dégradation, en particulier pour les objets en métal. L’humidité, les sels minéraux attaquent, en effet, les objets enfouis et provoquent une corrosion parfois importante. Celle-ci peut même être accélérée lorsque l’objet est remis en contact avec l’air.

Une première stabilisation de leur état doit être entreprise rapidement : nettoyage sommaire et premier traitement tentent de stopper le développement de la corrosion. Cette étape est indispensable aussi pour pouvoir étudier les objets dans de bonnes conditions.

Des examens sous toutes les coutures

Commence alors une étude plus détaillée de chaque objet ou groupe d’objets : mesures, type de matériau, décor… Rien n’est laissé au hasard. Les monnaies livrent le nom du personnage représenté sur leur avers, les perles de collier sont comptées et décrites une à une, les décors qui se déploient sur une céramique sigillée sont identifiés pour déterminer l’atelier de production, le nom du potier imprimé sur la base d’une lampe à huile est déchiffré, le personnage représenté sur un monument est identifié…

Ce long travail d’identification est confié à des spécialistes : le céramologue étudie la céramique, le lithicien les outils en pierre, l’épigraphiste les inscriptions, l’archéozoologue les ossements d’animaux.

Des analyses parfois très pointues

Ces observations peuvent être complétées par des analyses encore plus pointues, qui font appel à des techniques sophistiquées d’investigations. Les spécialistes sont prêts à intervenir ! Dendrochronologie, datation par thermo-luminescence, carbone 14 vont permettre d’affiner certaines datations. La radiographie peut mettre en évidence des pathologies non visibles à l’œil nu sur les ossements. Elle révèle aussi parfois le décor qui se cache sous une forte corrosion. Des analyses chimiques des matériaux vont déceler toutes les composantes de la matière première utilisée pour fabriquer un objet.

Première heure de gloire : le dessin et la photo

L’enregistrement des données constitue une étape importante dans l’étude du mobilier recueilli sur un site. Outre leur description technique, les objets sont dessinés grandeur nature. Les pièces les plus importants ont également droit à une campagne photographique.

Un "press-book" bien tenu : le rapport de fouille

Le document final de synthèse (un nom savant pour désigner l’ancien "rapport de fouille") est l’étape ultime de toutes les études réalisées lors du "post-fouille". Il dresse le bilan complet des conclusions auxquelles ont abouti les archéologues dans leur étude des nombreux indices livrés par la fouille. Plans, coupes, relevés de toutes sortes y sont associés à la description des structures retrouvées et à la description du mobilier mis au jour. Des conclusions sont livrées sur les diverses phases d’occupation du site, sur sa destruction et le moment de son abandon, sur ses réoccupations éventuelles au cours du temps, sur sa fonction et, bien sûr, sur sa datation.

L’objectif est de reconstituer l’histoire d’un lieu et celle des hommes qui y ont vécu au fil du temps.

Étape n°3 : Une entrée au musée… par les coulisses.