Entête de page

Les œuvres hors les murs

Le public pourrait avoir tendance à penser qu’un musée est figé dans le temps, et que ses œuvres en sont des locataires sédentaires, mais pas du tout ! Il leur arrive de voyager, et pour certaines même de faire le tour du globe. On les jalouserait presque…

Que ce soit pour un prêt à une exposition, un déplacement pour une restauration, ou une excursion le temps d’une prise de vue, il arrive régulièrement que les œuvres quittent temporairement les cimaises (ou les réserves) du musée.

Les prêts à des expositions

Tout au long de l’année, le musée reçoit des demandes de prêts pour des expositions temporaires. Ainsi, tous les mois, se réunis une commission des prêts chargée d’émettre un avis, favorable ou défavorable, sur les demandes de prêt. Elle se compose des conservateurs des musées concernés, de la direction des musées de Strasbourg, de la régie des œuvres et du service photographique. Ensemble ils étudient le contexte, les conditions de prêt et l’état de l’œuvre, et décident ensuite de la suite à donner. À l’issue de cette commission, les réponses aux demandes de prêts sont notifiées. En cas d’accord, un contrat de prêt (gratuit) est établit, mentionnant notamment les conditions d’emballage et de transport et le montant de l’assurance, la présence ou non d’un convoyeur, qui eux en revanche sont des frais qui restent à la charge du musée emprunteur.

Environ un mois avant le départ de l’œuvre, une société de transport spécialisée dans les œuvres d’art prend contact avec le musée afin de fabriquer des caisses de transport adaptées et d’établir un planning d’emballage et d’enlèvement. Le jour du départ les œuvres sont emballées en caisses sur mesure et transportées dans des camions climatisés ou la température doit rester la plus proche possible de celle du musée d’où elle part et les vibrations les plus faibles possibles. Pendant le transport, parfois long et parfois en avion, l’œuvre s’acclimate doucement dans sa caisse, et en cas d’œuvre très fragile il est parfois demander d’attendre 48h une fois arrivée sur le lieu de l’exposition avant l’ouverture afin qu’il n’y ait pas de choc thermique brutal. Ceci est valable surtout pour les œuvres peintes sur bois ; le bois étant très sensible aux variations climatiques.

Les prises de vues

Systématiquement, à l’occasion d’un prêt, le musée qui souhaite emprunter une œuvre pour son exposition demande une photographie de l’œuvre. D’abord afin d’être reproduite dans le catalogue de l’exposition, ou bien pour être reproduite en carte postale, ou encore figurer sur l’affiche ou les dépliants publicitaires. Pour cela il est nécessaire d’avoir un bon cliché à communiquer. Si les conditions le permettent l’œuvre est photographiée à même la cimaise, mais sinon il peut s’avérer nécessaire, en cas de mauvais éclairage, ou en cas de nécessité, de décadrer, et de déplacer l’œuvre au studio du photographe des musées.

Les restaurations

L’autre occasion pour une œuvre de quitter les murs du musée est liée à la nécessité d’une restauration. Au fil du temps les œuvres peuvent subir des altérations diverses. Souvent l’œuvre peut simplement être traitée en réserve, posée à plat sur une table, et l’intervention par un restaurateur est rapide : on parle de "bichonnage". Mais il peut arriver qu’une œuvre nécessite un traitement plus lourd : on parle de restauration "fondamentale". Un travail approfondi doit alors avoir lieu, le plus souvent dans l’atelier du restaurateur. D’où le déplacement de l’œuvre en emballage dit tamponnage fait de papier protecteur spécial, de papier bulle et de carton rigide. L’œuvre est alors assurée pour le transport et la durée du traitement jusqu’à son retour dans le musée.