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Les merveilles des verriers Blaschka

Cette collection a mené très longtemps une vie cachée dans les réserves du musée où elle n’était dévoilée qu’à des visiteurs avertis. Personne ne connaissait sa provenance, ni son histoire. Ce n’est qu’en 1996 qu’elle a retrouvé ses racines et ses créateurs grâce au travail d’un passionné. En effet, Henri Reiling, du Muséum d’Utrecht aux Pays-Bas, essayait depuis des années de retrouver la trace de tous les modèles en verre dans le monde. Les carnets de livraison des Blaschka l’ont mené jusqu’à Strasbourg.

Des modèles d’enseignement

C’est en 1890 qu’Alexander Goette, professeur à l’Université impériale allemande de Strasbourg et directeur du musée, réceptionne cinquante-huit modèles ou séries de modèles d’invertébrés. Malgré leur fragilité, cinquante-trois d’entre eux ont été conservés. En dehors des méduses, calmars et autres mollusques, la collection commandée par Goette comprend aussi plusieurs modèles montrant l’anatomie et des séries de stades embryonnaires agrandis. Elle apparaît clairement comme une collection d’enseignement en anatomie et embryologie.

De l’objet de fantaisie à celui de musée

Dans l’entreprise de son père, Léopold Blaschka réalisait des articles de fantaisie en métal et en verre, mais ce passionné de nature crée en 1857 ses premières fleurs en verre. Il utilise comme modèles les plantes des serres du Prince Camille de Rohan. Puis, installé avec sa famille à Dresde, il expose ses fleurs au Musée d’Histoire naturelle de cette ville. Peu de temps après, il en fait de même avec les coraux et les anémones de mer qu’il vient de réaliser. Ces créations suscitent un vif intérêt auprès des musées. En effet, ces derniers cherchent une alternative pour l’exposition des invertébrés marins. Dans l’alcool, ceux-ci perdent leurs couleurs, leurs formes et l’apparence de la vie. Le verre utilisé par Léopold restitue parfaitement la translucidité et la transparence de ces organismes. C’est le début d’une aventure, d’un commerce et d’une passion partagée dès 1876 avec son fils.

L’art de la fabrication

Dans la famille Blaschka, le savoir-faire touchant au travail du verre s’était transmis de génération en génération. Léopold avait appris de son père la technique "du verre au chalumeau" et l’avait, à son tour, transmise à son fils Rudolf. Pour souder le verre, ils utilisaient une flamme fournie par une coupelle de paraffine contenant une mèche. Un soufflet actionné par une pédale permettait de faire monter sa température jusqu’au point de fusion. Ils pouvaient ensuite modeler le verre et lui donnaient la forme voulue. Les modèles étaient montés à partir d’éléments plus petits, collés ou fusionnés entre eux par la suite. Les modèles étaient ensuite peints.

Le musée de Strasbourg possède les derniers modèles d’animaux fabriqués par les Blaschka, Rudolf se consacrant par la suite uniquement à la réalisation de modèles de fleurs et de fruits pour l’université de Harvard aux États-Unis. Les secrets de leur fabrication s’éteignirent avec lui en 1939.

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