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Les intérieurs reconstitués : entre réalisme et pittoresque

Les salles reconstituant des intérieurs complets offrent au visiteur une plongée dans un univers grandeur nature. Fidélité à l’original et recherche de l’atypique alternent pour donner au musée son charme so elsassisch, si alsacien.

Les Stùbe (pièces à vivre)

La Stùb est le centre de la vie familiale de la ferme, le cœur de la maison. Il s’agit généralement de l’unique pièce chauffée de la maison avec la cuisine. Pièce à vivre "multifonction", elle sert de salle à manger, de salon, de salle de jeux, de local de travail et de chambre à coucher pour le couple des maîtres de maison.

C’est aussi le haut-lieu de la vie sociale de la communauté villageoise. Lors des veillées, Kùnkelstùb ou Mäistùb, la pièce s’emplit des éclats de voix des hommes, du chuintement régulier des rouets, de la mélodie de quelques instruments de musique et du mystère des histoires qu’on raconte à la chaleur de l’imposant poêle en fonte (Kàschteoffe) ou en carreaux de faïence (Kàcheloffe).

La Stùb paysanne

Cette Stùb a été installée en 1912 au Musée Alsacien. Dans cette pièce à vivre, les poutres du plafond, les lambris des murs et la paroi formant l'alcôve proviennent de la ferme de M. Émile Stieber à Wintzenheim-Kochersberg. Le mobilier est issu d’origines diverses.

La Stùb Renaissance

Premier intérieur installé en 1904, cet ensemble doit alors restituer "une salle telle que l’on en trouve parfois encore dans les petites villes moyenâgeuses d’Alsace". Cette pièce à vivre de style Renaissance a été composée à partir "d’une maison cossue de vignerons du 17e siècle qui appartenait à M. Adam père" à Ammerschwihr.

La Stùb d’Engwiller (salle des costumes)

Dans cette pièce provenant du village d’Engwiller sont mis en scène plusieurs costumes alsaciens. Dans une ambiance festive, une joyeuse compagnie fête un baptême au son de l’accordéon et de la cithare. La jeune mère y participe de son lit d’accouchée (’s Wùchebett).

La cuisine

Installé en 1910, cet intérieur souhaite restituer "les vieilles cuisines des fermes et des maisons bourgeoises, qui ont fait la joie des romantiques au 19e siècle".L’architecte Théophile Berst s’est inspiré de la cuisine d’une ferme de Pfulgriesheim et mêle aux ustensiles courants quelques objets rares, de provenances diverses : greniers de villages ou ancienne caserne.

L’ensemble tient autant du pittoresque que d’une reconstitution fidèle. En effet, la profusion d’objets rares tranche avec l’aspect rustique des feux maçonnés. Néanmoins, les deux éléments essentiels de la cuisine, véritable poumon de la maison, sont particulièrement mis en valeur :

  • l’eau, avec le Wàsserstëën (évier) au fond de la pièce et les cruches alignées sur la Wàsserbànk (banc à eau)
  • le feu, avec 5 foyers distincts qui ont chacun leur fonction : la cuisinière familiale, l’alimentation du poêle de la Stùb, la cuisinière pour les animaux, le four à pain et l’alambic.

L’officine de pharmacien

Aménagé en 1906, cet intérieur tient davantage du cabinet de curiosités que du laboratoire. Inspiré d’estampes anciennes, il renferme un four d'alchimiste en briques avec un soufflet de forge et, sur la gauche, un four à distiller. Pour ajouter au pittoresque, sont disposés "d'antiques médicaments, des herbes, des drogues aujourd'hui introuvables et recueillis dans les greniers de vieilles pharmacies et drogueries, un lézard pendu à la voûte, de vieux livres poudreux [qui] donnent à cette pièce un cachet de vétusté et de mystère".

L’oratoire juif

En 1909, un an après l'inauguration de la salle des antiquités juives, le musée octroie à la Société d'Histoire des Israélites d'Alsace et de Lorraine une deuxième salle pour y tenir ses réunions. Abritant alors les archives et bibliothèque de la société, cette pièce est protégée par des portes en bois à belles ferrures provenant de l'ancienne synagogue de la rue Sainte-Hélène à Strasbourg (1835-1897).