Entête de page

Le musée du papier

L’essentiel des œuvres de la collection du musée Tomi Ungerer est constitué d’un même et unique matériau, le papier :  à dessin, A4 machine, à grains, cartonné, calque, millimétré, jaune à rayures, glacé, etc.

Sur ces papiers, des illustrations ont été réalisées avec du crayon de papier, du crayon gras, du fusain, des crayons de couleur, des pastels, des encres, de la gouache, de l’acrylique, etc. D’autres matériaux ont été ajoutés : de la colle, du scotch, d’autres papiers, d’autres matières tels des mégots de cigarette, des cendres, des éléments découpés dans des magazines, des feuilles d’arbres, des branches, de la dentelle, du tissu, etc.

Les artistes, les illustrateurs, que ce soit Tomi Ungerer ou d’autres utilisent les matières dont ils ont besoin afin d’exprimer au mieux leurs propos. À charge, ensuite, aux musées de conserver leurs œuvres.

Conserver du papier, un travail d'équilibriste

Le papier est une matière vivante ou du moins qui interagit beaucoup et rapidement avec son environnement. Les matériaux qui sont apposés dessus se mêlent au papier et provoquent des réactions : des gondolements par exemple, mais aussi des tensions, ou autres.

La lumière le fait jaunir et il est impossible de revenir en arrière une fois que le processus est amorcé. Un papier-calque, par exemple, va perdre de sa transparence en jaunissant.

Si l’environnement est trop humide, le papier va gondoler, s’il y a de l’encre ou de la peinture dessus et qu’il a déjà gondolé, le gondolement va s’accentuer. À l’opposé, si l’air dans lequel il est conservé est trop sec, un papier-calque risque de devenir cassant et de l’encre ou de la gouache qui se trouve dessus risque de craqueler.

Le juste milieu est de rigueur, l’équilibre autant en termes de température, d’humidité que de luminosité est nécessaire parce qu’un papier est très fragile. C’est pourquoi, au Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration, quelle que soit la période de l’année, il fait entre 19 et 20 degrés, que l’hygrométrie est de 50 % et que l’éclairage est de 50 lux.

Une préservation nécessaire

Le temps d’exposition est, lui aussi, important. En effet, même si on limite l’intensité de l’éclairage, le temps qu’un dessin passe sous un éclairage de 50 lux peut le faire aussi jaunir si ce temps est trop long. C’est pourquoi, une fois que des œuvres ont été exposées, elles sont rangées et ne sont plus ni montrées, ni prêtées pendant une période allant de 2 à 6 ans selon qu’elles aient été présentées pendant 3, 4 ou 6 mois.

Le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration est dans une problématique de conservation de ces matériaux fragiles et a été pensé pour que les illustrations de Tomi Ungerer, André François, Sempé, R. O. Blechman, Bosc, William Steig, F. K. Waechter… soient visibles par le plus grand nombre, le plus longtemps possible. Les conditions de présentation et de conservation sont dans les normes édictées par la Direction des Musées de France et l’accrochage est renouvelé régulièrement ce qui permet une meilleure conservation des dessins et une (re)découverte constante de la collection.

Agrégateur de contenus