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Engelsz, une restauration monumentale

Une œuvre endommagée

Malheureusement le portrait de La Garde civique de Saint Adrien par Cornelisz Engelsz était resté au Palais Rohan. Avec ses 5 mètres de long, il était trop grand pour être évacué. Victime collatérale, le tableau fut abimé par les éclats de l’explosion.

Il en garda longtemps les séquelles dont certaines furent accentuées par une restauration réalisée après-guerre.

L’histoire de la restauration

Du fait de son importance ce tableau méritait une nouvelle restauration. Cette intervention a été possible grâce au mécénat. Fin 2008, la BNP-Paribas acceptait de participer de manière déterminante à la restauration. La commission régionale de restauration ayant donné un avis favorable, elle commença peu après.

L’urgence étant d’assurer la bonne conservation d’un tableau ayant gravement souffert, il fut nécessaire dans un premier temps d’en consolider le support. Cette intervention aboutit à une intervention sur la toile et à une mise en tension sur un châssis neuf.

Puis la restauration de la couche picturale put s’effectuer. Les restaurateurs procédèrent à une réintégration illusionniste des lacunes sur chaque visage, les usures de la couche picturale étant laissées perceptibles tant que la lecture et l’homogénéité de l’œuvre n’était pas perturbée.

Quatre étapes de la restauration

L’examen

Le restaurateur dresse un constat d’état détaillé de la surface picturale et du support. Il observe l’œuvre en lumière naturelle à l’œil nu et à la loupe, en lumière rasante éventuellement, sous rayonnement UV et infrarouge et par radiographie. De plus, en concertation avec la conservation, il se documente sur le peintre, ses contemporains, le mobilier, les costumes, les éventuels symboles, l’iconographie, etc. Puis il établit un diagnostic de conservation-restauration approprié.

Le nettoyage

La surface picturale est nettoyée de manière à la purifier des apports extérieurs incohérents et inesthétiques. L’œuvre est dégagée de ses vernis et anciennes restaurations.

Conservation du support

Le restaurateur opère ici une résorption des déformations de la toile, consolide les déchirures, coutures et incrustations au niveau des trous. Il colle une toile de renfort au dos du support d’origine. Puis le restaurateur effectue une mise en tension sur un châssis neuf, en aluminium.

Restauration de la couche picturale

Fissures et lacunes de matière picturale sont comblées au mastic, permettant ensuite une retouche plus ou moins illusionniste des manques et usures. Un vernissage final sature, nourrit les couleurs et protège la surface picturale.

Dans le monde des musées il y a un adage : "Un musée qui n’acquière pas est un musée qui meurt". Une restauration fondamentale, comme c’est le cas ici, a permis de pouvoir ré-accrocher une œuvre que le public n’avait pas pu voir depuis des années. En ce sens certaines restaurations équivalent à des acquisitions et témoignent de la vitalité des musées. Ainsi, après cinq années, l’œuvre est redevenue lisible mais sans que son histoire ait été niée. Nous pouvons redécouvrir un tableau rare par son sujet, spectaculaire par ses dimensions, attrayant par sa facture.