Entête de page

Du Cabinet d’Histoire naturelle au muséum

Jean Hermann (1738-1800), professeur de botanique, de médecine et de philosophie, était un passionné d’Histoire naturelle. Dès 1862, il constitue un Cabinet d’Histoire naturelle regroupant des pièces venant des quatre coins du monde mais aussi des régions du Rhin supérieur. Il voyage peu si ce n’est en Alsace, en Allemagne ou en Suisse et pourtant sa collection regorge de spécimens exotiques. Grâce à son réseau de scientifiques, d’étudiants ou d’auditeurs de ses leçons, mais surtout grâce aux échanges, il réussit à obtenir des pièces remarquables : gants en soie marine, grand pingouin, hoatzin…

À sa mort en 1800, l’inventaire réalisé mentionne 200 mammifères, 900 oiseaux… Sa veuve cherche à vendre et poussée par l’Etat napoléonien, la Ville de Strasbourg se porte acquéreuse du Cabinet d’Histoire naturelle en 1804 pour la somme de 44 000 francs.

La création du musée d’histoire naturelle

En 1818, l’Académie de Strasbourg investit les bâtiments du Grand Séminaire actuel, derrière la cathédrale. Les collections de Jean Hermann rejoignent ces nouveaux locaux, et à la demande de la Ville de Strasbourg, des salles sont aménagées pour la présentation des collections au public : le musée d’Histoire naturelle est né.

L’accroissement des collections est important et le musée se retrouve vite à l’étroit. En 1825, l’Académie strasbourgeoise prend possession de nouveaux bâtiments dans le quartier de la Krutenau.

Des noms qui ont marqué l’histoire du musée

En 1827, Georges Louis Duvernoy, titulaire de la chaire d’histoire naturelle, en prend la direction. Élève et collaborateur de Georges Cuvier, alors directeur du Muséum de Paris, il profite des liens privilégiés qu’il entretient avec cet établissement pour enrichir les collections strasbourgeoises. Tortue anguleuse, kamichi cornu, baliste doré… des centaines de spécimens, en double dans les collections parisiennes, rejoignent Strasbourg.

À cette même époque, la communauté alsacienne de l’étranger constitue un des pourvoyeurs d’objets les plus actifs. Partis à l’autre bout de la planète pour des raisons professionnelles, commerçants, militaires, missionnaires originaires d’Alsace, envoient au musée des pièces qui retiennent leur attention. En 1834 par exemple, plusieurs milliers de spécimens arrivent de Java. Les généreux donateurs ont pour nom Birr, Hellermann, Ackermann, Kachelhoffer… Vautour des Andes ou drongo malgache arrivent du Chili ou de Madagascar.

La Société des Amis de l’Histoire naturelle de Strasbourg

En 1837, Auguste Lereboullet, élève de Duvernoy, lui succède. Il est secondé par Wilhelm Philipp Schimper, un naturaliste alsacien, originaire de Dossenheim. Pour continuer à enrichir le musée, ils créent en 1851 la Société des Amis de l’Histoire naturelle de Strasbourg dont ils seront respectivement secrétaire et président. Cette association regroupait des personnalités tant politiques et civiles que scientifiques, mais aussi des naturalistes et des amateurs. La cotisation des membres permettait d’acquérir des spécimens souvent rares et choisis avec soin comme manchot pygmée, paradisier royal, dacnis bleu ou calao de Céram…

Entre 1851 et 1870, les collections prirent un essor considérable, elles comportaient plus de 9 500 spécimens d’oiseaux, 1 600 mammifères et une collection régionale.