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Les donateurs du Musée des Beaux-Arts

La Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg

La Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS) a été créée en 1832.

"Pour éveiller le goût des arts graphiques et plastiques, il se forma, en 1832, un petit noyau d’artistes, d’amateurs et de protecteurs des Beaux-Arts, qui jetèrent les bases d’une association libre. Leur but était de donner aux jeunes peintres, dessinateurs, sculpteurs, par des expositions, les moyens de faire connaître leurs talents et de faire vendre leurs produits, d’y adjoindre et de rendre publics les tableaux cachés dans des collections privées, afin de stimuler et de former le goût des beaux-arts…"

Aujourd’hui la SAAMS a plus précisément pour but de :

  • développer auprès de ses membres le goût et la connaissance des arts (à travers conférences, visites guidées, sorties et voyages culturels).
  • soutenir la création artistique en décernant chaque année le Prix Théophile Schuler à un jeune artiste talentueux.
  • participer au développement et au rayonnement des musées, en contribuant à l'enrichissement et à la mise en valeur de leurs collections, grâce à des dons, des achats, des mécénats (acquisitions et restaurations) et des dépôts d'œuvres d'art.

L’une des plus belles donations qu’elle fit au Musée des Beaux-Arts est le magnifique Étang de Ville d’Avray de Jean-Baptiste Camille Corot, acquise par eux en 1863, déposée au musée en 1899 et finalement offert en 2002.

Plus récemment en 2010, elle acheta pour l’offrir au musée, un bijou troubadour du peintre Charles Delaye, Sir Arthur et Miss Wardour prisonniers des flots et, en 2012, elle offrit officiellement le très beau Roland à Roncevaux du peintre Achille-Etna Michallon déposée au musée en 1925.

Actuellement 18 peintures de la SAAMS sont déposées au musée.

Autour de Bode

Bode était un "collectionneur public" au service des musées impériaux de même que le conseiller de plusieurs grands collectionneurs, dans l’espoir qu’ils alimenteraient ultérieurement les musées. Ces amateurs étaient en majorité berlinois mais aussi français et alsaciens. Parmi ces derniers figure le libraire et éditeur Karl Trübner qui, jusqu’à sa mort en 1907, bénéficia pour constituer sa collection des avis de Bode.

En 1908 entraient par legs 14 tableaux notamment par Botticelli et Everdingen. D’autres collectionneurs, tels August Karl von der Heydt, Alfred Thieme ou James Simon, liés à Bode, offrirent dès 1890 des œuvres au nouveau musée. Bode lui-même offrit une peinture, un délicat Christ ressuscité entré comme "manière de Masolino" et aujourd’hui rendu au florentin Francesco d’Antonio di Bartolomeo. Outre l’enveloppe initiale, Bode bénéficia de deux apports en argent, les fonds Sengenwald (de 1890 à 1894) et Trübner (de 1909 à 1912). Le testament de ce dernier indiquait que les œuvres achetées avec ce fonds, au total 14, devaient être soumises à Bode.

Grâce à ses relations au sein du marché de l’art, Bode acheta de nombreuses œuvres importantes. Plusieurs proviennent du collectionneur (et véritable bien que discret marchand d’art) anglais Sir John Charles Robinson qui offrit en retour les tableaux du Greco (1893) et de Guerchin (1896). Le chanoine Straub fit un important legs en 1893.

Sous le directorat de Haug

Après 1918, de nouvelles donations vinrent enrichir le musée. Pour des raisons évidentes elles ne sont plus le fait de collectionneurs berlinois. Notons deux importantes générosités émanant de deux collectionneurs alsaciens dont les familles avaient quitté l’Alsace après 1870 et tous deux également donateurs du Louvre.

Le banquier Ernest May, né à Strasbourg en 1845, fut un véritable mécène des impressionnistes alors encore décriés. Peu après sa mort en 1925, plusieurs peintures entrèrent, par legs ou par don de ses héritiers, dont des peintures de Loutherbourg, Lemoine ou Michel. Quant au mulhousien Raymond Koechlin, il fut un des fondateurs de la Société des Amis du Louvre. Le musée lui doit une esquisse de paysage de Théodore Rousseau entrée l’année de sa mort en 1931. Il n’est pas possible de citer tous les dons au musée, dont certains sont conservés depuis au Musée de l’Œuvre Notre-Dame ou au Musée d’Art moderne et contemporain. Citons le geste de la baronne Cécile de Rothschild qui permit l’achat de La Belle Strasbourgeoise. En 1984 entra le legs de Mme Haug comportant une ravissante "Scène allégorique" peinte vers 1625.

La manne baroque de MM. Kaufmann et Schlageter

Othon Kaufmann (1905-1993) et François Schlageter (1904-1997) furent deux fantastiques collectionneurs strasbourgeois.

D’origine allemande, ils durent fuir devant la montée du nazisme. Installés à Strasbourg, ils réunirent une des plus belles collections de leur temps. Conseillés par de grands historiens d’art, ils se limitèrent à deux écoles (l’Italie et la France) et à deux siècles (le XVIIe et le XVIIIe), avec un résultat éblouissant, aujourd’hui partagé entre le Louvre (donation de 1983) et Strasbourg (donations de 1987 et 1994). Grâce à cette munificence, complétée par cinq achats, Strasbourg bénéficie au total de 22 peintures italiennes baroques, qui sont comme le feu d’artifice du parcours italien.

Le musée a été transfiguré par cet apport d’œuvres de la plus haute qualité, composé tant de tableaux de musée que de peintures d’"amateurs", c’est-à-dire d’esquisses fougueuses ou de petits formats raffinés. L’amateur est libre de ses choix, ce qui nous vaut ainsi quatre peintures de Crespi. De ces collectionneurs provient le chef-d’œuvre de Canaletto, qui émeut comme un Vermeer : le centre n’en est-il pas aussi un petit pan de mur ? Le pivot comme la plus belle œuvre de leur collection comme de leur générosité était justement ce tableau sur cuivre qui fut acheté par la ville en 1987.

Une histoire qui s’écrit au présent

Récemment –et nous l’espérons demain- des collectionneurs ont perpétué cette si belle tradition. En 1992 était acceptée la donation Eisenbeth qui entra au musée en 2004. Composée de 14 tableaux, essentiellement nordiques, elle fut rassemblée à Strasbourg par le docteur Roger et son épouse Jacqueline Eisenbeth.

En 2008 décédait Mlle Ann L. Oppenheimer. Elle léguait 11 tableaux au musée, en particulier par Sano di Pietro, Tintoret, le maître au Perroquet et Grimmer. Il s’agit de la plus importante libéralité depuis les donations de MM. Kaufmann et Schlageter. Son père dirigeait une grande tannerie à Lingolsheim et en 1915 Wilhelm de Bode avait essayé en vain de faire des frères Oppenheimer des mécènes du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg. Peu après, sa famille devait quitter l’Alsace mais Mlle Oppenheimer n’oublia pas la ville où elle était née en 1912.

Mme Clémentine Gustin-Gomez donna en 2009 un impressionnant tableau du napolitain Andrea Vaccaro montrant le chef décapité de saint Jean-Baptiste, et Monsieur Olivier Scherberich, deux esquisses du XVIIIe français dont il est passionné (Collin de Vermont en 2006, Delobel en 2015).