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De 1918 à aujourd’hui

Pendant la Seconde Guerre mondiale, soucieuse de développer ses laboratoires, l’université allemande déménage la collection de grands mammifères à la manufacture des tabacs. Cette dernière sera malheureusement bombardée en septembre 1944 par l’aviation alliée. Une collection unique au monde de zèbres et la quasi-totalité des quarante-cinq bouquetins, soixante-quinze antilopes et gazelles, trente-cinq félins et des tapirs seront détruits. Malgré les indemnités de dommages de guerre attribuées au musée, ces collections ne pourront jamais être reconstituées à l’identique. Quatre cents pièces seront cependant acquises dont un cœlacanthe, un loup à crinière, un tigre, des caméléons, des iguanes…

Une modernisation des présentations

Entre 1976 et 1985, abandonnant la présentation des spécimens par groupe zoologique, le musée se met au goût du jour en créant des dioramas. Ces représentations en trois dimensions évoquent un milieu et présentent les différentes espèces qui y vivent. Ainsi, bords du lac Tanganyika, savane, Andes ou milieux polaires font leur apparition dans un décor créé de toutes pièces. Cette mise en scène permet de valoriser des spécimens spectaculaires comme le crocodile du Nil, le morse ou l’éléphant de mer.

D’autres aménagements voient le jour comme la reconstitution, en 1988, du Cabinet d’Histoire naturelle de Jean Hermann. Cette mise en scène d’un intérieur bourgeois permet d’avoir un aperçu de la richesse et de la diversité de la collection constituée au XVIIIe siècle. Plus récemment, d’autres vitrines ou salles ont été entièrement repensées, comme la galerie des insectes avec un axe régional fort ou la salle de la biodiversité consacrée aux invertébrés.

 

Un enrichissement des collections

Si d’importantes collections, en particulier d’insectes et de coquillages, continuent à être données ou légués au musée, d’autres circuits d’enrichissement se mettent en place. Dans les années 70, les lois de protection nationale ou internationale de la faune sauvage induisent la saisie, par les douanes ou l’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage, des espèces protégées. Objets manufacturés en peau de crocodile ou en ivoire, peaux de python ou d’anaconda, défenses d’éléphant et même un magnifique spécimen naturalisé de loup témoignent, au musée, de cette atteinte à la biodiversité.

Les établissements scolaires quant à eux se séparent de leurs collections de sciences naturelles. Ainsi, cartes murales, spécimens en formol et de curieuses pièces à visée exclusivement pédagogique enrichissent les collections.

Une politique d’achat démarre dans les années 80. Une girafe de Rothschild et un lion de l’Atlas acquis auprès d’un taxidermiste belge font une arrivée remarquée en 1997 alors qu’ours blanc, ours brun, kodiak, ours lippu, yack, ragondin albinos… en provenance d’un musée de la chasse à Québriac rejoignent Strasbourg en 1998. Ces acquisitions seront complétées par celle d’un magnifique jaguar en 2002.

De nombreuses pièces sont aussi apportées régulièrement par des particuliers. Un déménagement, une maison ou un appartement à vider sont l’occasion pour beaucoup d’habitants de la région de contacter le musée. Plutôt que de jeter, ils essayent ainsi d’offrir une seconde vie aux objets ramenés de voyage, chassés ou collectés par un membre de leur famille.