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Un complexe de loisirs élémentaire

À l’origine, le complexe de loisirs de l’Aubette est composé de quatre niveaux et accueille plusieurs espaces de loisirs. Le public peut ainsi en l’espace d’une même soirée danser, prendre un verre, faire une partie de billard ou encore aller au cinéma à l’Aubette. Le complexe de loisirs incarne la modernité du point de vue des services qu’il propose mais aussi de son décor qui est réalisé par Theo Van Doesburg, Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp.

Issus des mouvements artistiques d’avant-garde nés après la première guerre mondiale, les trois artistes voient dans le projet de l’Aubette une opportunité de mettre en œuvre à grande échelle les principes portés par ces courants artistiques. L’ambition de ces mouvements est alors de rompre avec l’art du passé, de proposer de nouvelles formes et une nouvelle esthétique à même de créer une œuvre d’art totale. Cette utopie prend à l’Aubette les contours d’une intervention radicale basée sur l’utilisation de la grille géométrique. Ainsi l’ensemble des éléments, du décor des murs, jusqu’au mobilier et à la signalétique, sont pensés et dessinés par les trois artistes.

La modernité des décors inaugurés le 16 février 1928 est désapprouvée par le public. L’intégrité des décors est alors remise en cause par les gestionnaires du complexe de loisirs qui procèdent à des ajouts ornementaux conformes au goût de l’époque quelques mois après l’ouverture. En 1938, l’ensemble des décors de Theo Van Doesburg, Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp sont recouverts, faisant ainsi disparaitre l’œuvre originelle.

Au terme de plusieurs années de recherches, le premier étage de l’Aubette est classé au titre des monuments historiques et restauré en 2006

Les décors de l’Aubette sont aujourd’hui considérés comme une œuvre remarquable de la période moderne. L’Aubette 1928 accueille à présent une programmation contemporaine en écho à sa vocation patrimoniale.