Détail Entité

Une remarquable collection d’armes

Musée Historique

L’importance de la collection d’armes est intimement liée à l’histoire de Strasbourg, ville libre, ville frontière. La sélection présentée dans le musée illustre les grandes périodes de cette histoire mouvementée, entre France et Allemagne.

Au Moyen Âge, Strasbourg, en tant que ville libre rattachée au Saint-Empire romain germanique, doit assurer elle-même sa défense et donc se constituer un arsenal afin d’équiper ses milices bourgeoises. Cet arsenal est réputé dans tout l’Empire : il abonde en armes blanches de la manufacture de Solingen, en armes à feu dont les pièces, fabriquées dans les États de l’Empire, sont montées par les arquebusiers locaux, et en canons fabriqués à Strasbourg.

L’arsenal confisqué par le roi de France

Après la capitulation de 1681, la totalité de l’armement conservé à l’arsenal, puis les armes des bourgeois sont confisquées et transférées aux arsenaux royaux de Paris. La fonderie de canons devient monopole royal, cantonnant les fondeurs strasbourgeois à la fonte des cloches et des mortiers de pharmacie.

Plusieurs canons de la fonderie royale sont présentés dans le musée, tandis qu’une couleuvrine constitue l’unique témoin de la riche production médiévale disparue dans les arsenaux parisiens.

Les armes à feu

L’arquebuserie strasbourgeoise continue son activité et maintient sa réputation dans un premier temps. Des artisans d’origine française s’installent à Strasbourg. Mais les manufactures royales prennent le pas, et en 1761, les arquebusiers strasbourgeois ont interdiction de commercer avec l’armée. Les guerres révolutionnaires donnent à Strasbourg une nouvelle importance. En 1802 est créée la manufacture nationale d’armes à feu de Mutzig, à l’ouest de Strasbourg, dirigée par la famille Coulaux. Elle emploie plusieurs artisans strasbourgeois

Les sabres de Klingenthal

La fabrication d’armes blanches est passée sous contrôle royal dès 1730, avec la création de la Manufacture royale d’armes blanches d’Alsace à Klingenthal, également à l’ouest de Strasbourg. Celle-ci s’impose comme fournisseur principal des armées royales, puis révolutionnaires. Elle atteint son apogée sous le Consulat et l’Empire. Klingenthal doit autant sa renommée nationale et internationale à la qualité de ses lames qu’à la beauté de ses armes de luxe couvertes d’un décor gravé, souvent bleui et doré. Deux vitrines en présentent les plus remarquables spécimens

De 1870 à 1945, une succession de conflits

A partir de 1870, Strasbourg est fortement marquée par la série de guerres qui ponctuent l’histoire européenne, et plus particulièrement franco-allemande. Le Musée Historique est d’ailleurs conçu comme musée militaire à sa création au sortir de la Première Guerre mondiale. Il compte plusieurs milliers d’objets militaires, provenant pour l’essentiel de collectionneurs alsaciens, comme Fritz Kieffer. Les armes et uniformes présentés dans le parcours illustrent les trois conflits de 1870, 1914-1918 et 1939-1945.

Pour Strasbourg, la guerre franco-prussienne de 1870, c’est un siège long de 52 jours et un bombardement intense du centre-ville. Le musée présente des uniformes et armes portés par les soldats et la garde nationale qui ont défendu Strasbourg, quelques obus parmi les 200 000 tirés sur la ville, d’émouvants agrégats de matériaux fondus collectés par les habitants. En 1919, des Strasbourgeois donneront au Musée Historique en gestation de nombreuses reliques qu’ils ont conservées en souvenir du bombardement.

Annexée par l’Allemagne en 1871, Strasbourg n’est pas sur la ligne de front lors de la Première Guerre mondiale, mais subit les désagréments d’une ville de l’arrière essentielle pour l’approvisionnement de l’armée allemande. Elle se transforme également en ville hôpital. Les Strasbourgeois incorporés dans l’armée allemande sont envoyés en majorité sur le front de l’est.

En 1940, Strasbourg et l’Alsace sont annexés par l’Allemagne nazie et les Alsaciens sont incorporés de force dans l’armée allemande. Une vitrine présente une carabine Mauser et un casque de la Wehrmacht porté par un Strasbourgeois, à côté d’objets fabriqués par les prisonniers alsaciens de Tambov. L’armée française qui libère Strasbourg en novembre 1944 puis la défend jusqu’en mars 1945, porte l’équipement américain ou britannique. Un uniforme de la Brigade Alsace-Lorraine est présenté à côté de l’uniforme du général de Lattre de Tassigny, sur fond de drapeau à croix de Lorraine : celui-là même qui fut hissé sur la cathédrale par un soldat de la 2e Division Blindée lors de la libération de Strasbourg le 23 novembre 1944.

Ressources complémentaires

Œuvres de la collection