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Strasbourg au cœur de l’Europe : 1800-1949

Musée Historique

Avec le développement des axes ferroviaires et fluviaux, Strasbourg se retrouve au cœur de l’Europe et devient l’un des enjeux des conflits entre 1870 et 1945, avant de devenir la première capitale européenne en 1949.

Au cours de cette période, les Strasbourgeois changent cinq fois de nationalité. La ville devient carrefour ferroviaire et fluvial, puis s’agrandit considérablement. Depuis 1949, elle est l’une des capitales européennes.

Strasbourg devient une plate-forme militaire lors des guerres napoléoniennes et accueille à plusieurs reprises Napoléon. À l’issue de la Révolution, Strasbourg est complètement intégrée à la nation française. Un grand théâtre de langue française est (re)construit place Broglie et l’allemand finit par devenir la seconde langue enseignée au gymnase (lycée) au milieu du 19e siècle. Le canal de la Marne au Rhin et le canal du Rhône au Rhin, puis les lignes de chemin de fer Strasbourg-Bâle, Strasbourg-Paris, et enfin le pont de chemin de fer sur le Rhin font de Strasbourg plus que jamais une ville à la croisée des routes…

Le bombardement de Strasbourg en 1870 constitue l’un des premiers grands bombardements modernes sur une population civile. À l’issue du siège, la ville se rend aux Allemands et devient par le biais du traité de Francfort capitale de la "Terre d’Empire Alsace-Lorraine".

Les Alsaciens de souche sont obligés de choisir entre leur "petite patrie" (l’Alsace) et la "grande patrie" (la France). Lorsqu’ils restent, quelle est la meilleure façon de défendre les intérêts de leur région : en essayant de travailler avec le nouveau pouvoir en place (on les appellera les autonomistes, qui se rassemblent autour de "l’homme de fer") ou au contraire en rejetant toute forme de collaboration avec celui-ci (les protestataires) ?

Deux nouveaux campus universitaires remplacent les institutions académiques dispersées dans la ville. La faculté de médecine se développe au sein de l’hôpital civil agrandi. Entre Palais universitaire et Observatoire sont construits différents instituts scientifiques qui attirent de jeunes professeurs brillants.

La ville se lance dans une série de grands travaux urbains : suppression des fortifications, agrandissement de la ville appelé aujourd’hui "Neustadt" (ville nouvelle) et Grande Percée (rue du 22 novembre).

Une importante minorité allemande occupe les postes clés dans l’administration, nécessite la construction de nombreuses nouvelles casernes, et contribue à la modernisation de la vie industrielle, notamment dans le domaine des tanneries à Strasbourg. La cohabitation entre population de souche et nouveaux arrivants n’est pas exempte d’animosités, les Alsaciens étant suspectés de francophilie.

À l’issue de la Première Guerre mondiale, Strasbourg redevenue française maintient le niveau universitaire et poursuit la politique de grands travaux urbains ainsi que l’agrandissement du Port sur le Rhin. Les automobiles Mathis témoignent d’un essor industriel oublié depuis.

La Seconde Guerre mondiale est développée sous plusieurs angles : drôle de guerre et évacuation des Strasbourgeois en 1939-1940, retour à Strasbourg avec ses conséquences sur la vie des habitants soumis à la politique nazie puis à l’incorporation de force à partir de 1942. La vie quotidienne aussi bien que les mouvements de résistance permettent de se faire une idée de la singularité de la vie des Strasbourgeois entre 1940 et 1944. Une série de neuf portraits permet aux visiteurs de s’interroger à leur tour sur les choix qu’ils auraient eu à faire s’ils avaient été confrontés à ces mêmes évènements.

Le parcours se termine sur l’évocation des institutions européennes, rattachées à l’Union européenne ou au Conseil de l’Europe.

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