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Biographie de Tomi Ungerer

Enfance et jeunesse

La période new-yorkaise

Les années canadiennes

L'Irlande et l'Alsace

Enfance et jeunesse

1931

Jean-Thomas Ungerer, dit Tomi, naît à Strasbourg le 28 novembre dans une famille bourgeoise et protestante, de Théodore, ingénieur, fabricant d’horloges astronomiques, artiste et historien, et d’Alice, née Essler. La famille compte déjà deux filles, Édith (1922-1991) et Geneviève (née en 1923) et un fils, Bernard (né en 1924).

1935

Après le décès de Théodore Ungerer le 5 septembre, la famille déménage 6-8 rue Haussmann, au Logelbach, un quartier de Colmar. Le jeune Tomi commence à dessiner.

1939-1945

En 1940, l’Alsace est occupée par l’Allemagne nazie. L’hiver 1944-1945, il vit avec sa famille l’épisode dramatique de la poche de Colmar, c’est-à-dire de la résistance allemande devant l’arrivée des Alliés. Pendant l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, il subit l’endoctrinement nazi dans son école de Colmar, puis est confronté à l’interdiction de parler l’alsacien lorsque la langue française est rétablie à la Libération le 2 février 1945.

Tomi découvre le retable d’Issenheim au Musée Unterlinden à Colmar où il va à l’école. Le 8 février 1944, il note dans un carnet qu’il a découvert le secret de la perspective.

Il est passionné de géologie et de minéralogie.

1946-1949

Tomi est éclaireur. En 1947, il fait sa confirmation. Avec le vélo Libellule qu’il a reçu en cadeau, il fait de nombreux voyages à travers la France, en Normandie, dans le Jura, sur la Côte d’Azur notamment, qu’il relate dans des carnets.

1950-1951

Il réussit la première partie de son baccalauréat, série moderne, en juillet 1950, et obtient une bourse Zellidja qui lui permet de faire un voyage en Provence. Il échoue en 1951 à la seconde partie du baccalauréat "Math’Elem" ; dans son carnet scolaire de juin, son proviseur le juge "d’une originalité voulue perverse et subversive". Il décide de partir en auto-stop pour le cap Nord, en Norvège. En Laponie, il traverse les lignes russes. Ses dessins de l’époque sont influencés par le courant existentialiste, avec des scènes macabres.

1952-1953

Il s’engage pour deux ans dans le corps des méharistes en Algérie, au camp Zeralda à Blida, comme conducteur de chameaux, mais après être tombé gravement malade, il est définitivement réformé en février 1953. En octobre 1953, il entre à l’École municipale des arts décoratifs de Strasbourg dans la section dessin publicitaire. En novembre, il déménage du Logelbach dans la maison construite par son père, 18 rue Jean-Jacques Rousseau à Strasbourg.

1954-1955

Il travaille pendant un an comme étalagiste et dessinateur publicitaire pour des entreprises locales. Il commence à s’intéresser aux États-Unis, fréquente le centre culturel américain à Strasbourg et fait connaissance avec des étudiants Fulbright, notamment Burton Pike et sa future épouse Nancy White. Il fait la connaissance de Willy Fischer, qui dirige une agence de publicité à Strasbourg et qui lui commande des travaux publicitaires.

En 1955, il quitte l’École municipale des arts décoratifs de Strasbourg, avec un certificat d’aptitude professionnelle de "dessinateur d’art section publicité". Il fait de nombreux voyages en auto-stop à travers l’Europe, ainsi que sur un bateau de pêche aux harengs islandais. Il est reçu à Londres par la revue Punch.

La période new-yorkaise

1956

Il débarque le 21 février à New York avec, selon ses propres termes, "soixante dollars en poche et une cantine de dessins et de manuscrits", et un visa de six mois. Les débuts sont difficiles. Il réalise sa toute première campagne publicitaire pour les machines à calculer Burroughs. Il épouse Nancy White. Il rencontre Ursula Nordstrom, l’éditrice du département pour la jeunesse de Harper & Row, qui lui donne une avance de 500 dollars pour le manuscrit de The Mellops go flying (Les Mellops font de l’avion).

1957

Il s’installe définitivement à New York en mars. Son activité s’intensifie. Son premier livre pour enfants, The Mellops Go Flying (Les Mellops font de l’avion) paraît chez Harper & Row et obtient le célèbre prix du Spring Book Festival. Il est cartoonist pour des revues comme Esquire, Fortune, Harper’s Bazaar, Holiday, Life.

1959

La médaille d’or de la Society of Illustrators de New York lui est décernée, pour ses annonces publicitaires dans The New York Times. Il épouse en secondes noces une éditrice de journaux de mode et journaliste, Miriam Strandquest.

1960

Der schönste Tag (Le plus beau jour) est son premier livre satirique édité en Europe par Diogenes Verlag à Zurich. Les Ungerer ont à New York un cercle amical et relationnel impressionnant. Il enseigne à la School of Visual Art.

1961

Die drei Räuber (Les Trois Brigands) est le premier livre pour enfants qu’il publie en Europe, avant même les États-Unis. Naissance de Phoebe.

1962

Sa première exposition personnelle est organisée à Berlin sous l’égide de Willy Brandt.

1963

Il expose ses peintures satiriques sur la vie des businessmen à la galerie D’Arcy à Manhattan et obtient une bonne critique. Il doit partir en Chine au mois de mai en vue d’un reportage pour Newsweek, mais est arrêté à l’aéroport.

1965

Il expose 250 œuvres graphiques à l’American Institute of Graphic Arts. La revue Graphis lui consacre un dossier. Il a un studio dans la 42e rue, au 21e étage, dans l’ancien bureau de Ziegfield.

1966

Le livre The Party (Une soirée mondaine), dans lequel il critique la société new-yorkaise qu’il fréquente depuis dix ans, est édité.

1967

Il s’engage contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam dans une virulente série d’affiches. À Montréal, il fonde avec deux amis, François Dallegret et Gordon Sheppard, une compagnie de films de cinéma et de télévision, Wild Oats (L’avoine sauvage).

1969

L’exposition à la Waddell Gallery des dessins de Fornicon, dans lesquels il s’y attaque à la mécanisation de la sexualité, est totalement ignorée.

Les années canadiennes

1971

Il épouse Yvonne Wright. Ils quittent New York et s’installent dans une ferme dans une presqu’île de la Nouvelle-Écosse, au Canada.

1973

No Kiss for Mother (Pas de baiser pour maman), un livre pour enfants autobiographique, paraît encore aux États-Unis.

1974

Parution, avant vingt ans de silence dans le domaine de la littérature pour la jeunesse, d’Allumette. America fait le point sur sa critique de l’Amérique.

1975

Il fait une importante donation de son œuvre et de sa collection de jouets aux Musées de Strasbourg qui lui consacrent une exposition rétrospective du 27 septembre au 9 novembre. Il illustre un recueil de chansons populaires allemandes, Das grosse Liederbuch (le Grand Livre de chansons), son plus grand succès en librairie. Il commence une collaboration comme affichiste avec Robert Pütz, qui dirige une agence de publicité à Cologne.

L’Irlande et l’Alsace

1976

Tomi et Yvonne Ungerer s’installent définitivement en Irlande. Naissance de leur fille Aria. Parution de Totempole qui regroupe les dessins érotiques réalisés entre 1968 et 1975.

1978

Naissance de Lukas.

1979

Parution de Babylon (Babylone), un livre de dessins satiriques et de Politrics, un livre de dessins politiques.

1980

Naissance de Pascal.

1981

L’exposition organisée au Musée des Arts décoratifs de Paris par François Mathey couronne vingt-cinq ans de carrière de Tomi Ungerer et ses cinquante ans. Le Salon international de la Caricature de Montréal le désigne cartoonist mondial de l’année. Le Grand Bretzel d’Or lui est remis par Germain Muller à Strasbourg.

1983

Le prix Jakob Burckhart de la fondation Goethe à Bâle lui est décerné. Deux livres, Heute hier, Morgen fort (Nos années de boucherie) et Slow Agony (Lente Agonie), regroupent les dessins exécutés à l’époque du Canada.

1984

Dans Tomi Ungerer’s Schwarzbuch (Le livre noir de Tomi Ungerer), il prend position contre le nucléaire.

1986

Après de fréquents séjours à Hambourg, il relate et dessine un reportage sur un milieu particulier de la prostitution, les Domina dans Schutzengel der Hölle (Les anges gardiens de l’enfer).

1988

Il dessine les plans d’un monument érigé pour le bimillénaire de Strasbourg, L’Aqueduc de Janus, qui a pour but de symboliser la double culture de la ville, et qui est installé à côté de l’Opéra de Strasbourg.

1989

Il réalise un portfolio sur la Révolution française. Son affiche sur le même thème pour le festival de théâtre de Sarrebruck est refusée en raison de son sujet trop provocateur.

1991

À l’occasion de ses soixante ans, le premier tome de ses souvenirs, À la guerre comme à la guerre, est publié. En novembre, Tomi Ungerer fait une seconde donation importante de ses œuvres et de sa collection de jouets à la Ville de Strasbourg.

1994

Un livre, Poster, qui regroupe tout son œuvre publicitaire, paraît chez Diogenes Verlag.

1995

Le grand prix national des Arts graphiques lui est décerné en France par le ministère de la Culture.

1996

Publication de Flix, son premier livre pour enfants depuis 1974.

1997

Cats as Cats Can est publié aux États-Unis, après vingt-cinq ans d’absence dans l’édition américaine.

1998

Le prix Hans Christian Andersen, le Nobel du livre pour la jeunesse, lui est décerné pour l’ensemble de son œuvre dans ce domaine.

1999

Publication d’Otto, un livre pour enfants sur la question du nazisme et de la guerre.

Il conçoit le plan d’un jardin d’enfants en forme de chat pour la commune de Wolfartsweier, à côté de Karlsruhe.

2000

Il est nommé ambassadeur honoraire du Conseil de l’Europe pour l’enfance et l’éducation.

2001

Les œuvres de Tomi Ungerer sont exposées pour la première fois au Japon. Une exposition sur les années new-yorkaises est présentée au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’artiste. Il est promu officier de la Légion d’honneur.

2002

Avec la parution de De père en fils, un livre sur son père, Tomi Ungerer entreprend la biographie de sa famille.

2003

Le Conseil de l’Europe lui décerne le prix Erich-Kästner.

2004

Il est nommé docteur honoris causa de l’Université de Karlsruhe.

2007

Il dessine des toilettes publiques pour la ville de Plochingen en Allemagne. Il fait don à la Ville de Strasbourg de sa bibliothèque personnelle comprenant plus de mille cinq cents ouvrages. Le Musée Tomi Ungerer - Centre international de l’Illustration ouvre ses portes le 2 novembre à Strasbourg.

2009

Le Musée Tomi Ungerer - Centre international de l’Illustration a été sélectionné par le Conseil de l’Europe comme l’un des dix plus beaux musées d’Europe.

2015

Tomi Ungerer fait son come-back à New York avec une exposition rétrospective au Drawing Center. Sa nouvelle expression artistique est le photomontage.

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