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Le bâtiment de l’Aubette au fil de l’histoire

En 1765, Louis XV confie la modernisation de Strasbourg à l’architecte Jacques-François Blondel (1705-1774). Les nouveaux plans d’aménagement qu’il conçoit comprennent la création d’une place centrale (actuelle place Kleber) encadrée de deux bâtiments monumentaux. Faute de ressources, un seul des bâtiments est finalement réalisé. Le bâtiment a une vocation militaire ; il abrite un corps de garde, la Chambre des logements militaires ainsi que la Chambre de la Maréchaussée. L’ensemble est désigné "Aubette" en raison des relèves de la garde militaire qui s’effectuent chaque jour à l’aube devant le bâtiment.

À partir du milieu du XIXe siècle, les usages du bâtiment se diversifient. Si une partie de l’ensemble est toujours consacrée aux instances militaires, une autre s’ouvre au commerce et aux loisirs. Un café est installé au rez-de-chaussée en 1845. À partir de 1869, le Musée municipal de peinture trouve sa place au 1er étage. Le bâtiment est lourdement touché par un bombardement issu du conflit franco-prussien dans la nuit du 24 août 1870. L’incendie qui se déclare ruine la majeure partie des collections du musée. Le bâtiment est réhabilité entre 1873 et 1875. Les principales modifications sont réalisées dans la partie supérieure de l’ouvrage. L’aile gauche de l’Aubette abrite désormais le conservatoire de musique ainsi qu’une salle de concert.

En 1922, les frères Horn, promoteurs immobiliers, sollicitent la ville de Strasbourg pour obtenir un bail pour l’aile droite de l’Aubette. Leur projet est d’y installer un important complexe de loisirs sur 4 niveaux. En 1926, ils confient l’aménagement intérieur du complexe de loisirs aux artistes Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp qui s’associent au peintre et architecte Theo Van Doesburg. En concevant les décors, le mobilier ainsi que la typographie, les trois artistes entendent créer une "œuvre d’art totale" et réalisent ainsi une œuvre majeure du modernisme.