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Artistes de l'Aubette

Hans Jean Arp, le poète

Né à Strasbourg en 1886 d’une mère française et d’un père allemand, Hans Arp se forme à l’école des arts et métiers de Strasbourg, avant de rejoindre l’académie des Beaux-Arts de Weimar puis l’Académie Julian à Paris.

Après avoir fréquenté les milieux expressionnistes et cubistes au début des années 10, il participe à la fondation du mouvement Dada à Zurich en 1916. Il se rapproche ensuite du surréalisme puis de l’abstraction. Artiste pluridisciplinaire, il écrit des poèmes et réalise des collages et des reliefs puis à partir de 1930, des sculptures aux formes organiques.

Entre 1926 et 1928, Arp participe au projet de l’Aubette aux côtés de sa femme Sophie Taeuber épousée en 1922, et de Theo Van Doesburg, artiste néerlandais qu’il rencontre à Weimar la même année.

Le décor du Caveau-dancing de l’Aubette réalisé par Arp rompt avec l’unité de style du reste de l’ensemble. Il privilégie le recours à des formes souples faisant référence à la nature. Il réalise également avec Sophie Taeuber-Arp le vitrail et le décor de l’escalier de l’Aubette.

Durant l’Occupation, il se réfugie à Grasse puis en Suisse, où Sophie Taeuber meurt en 1943. Inconsolable, Arp cesse de sculpter jusqu’en 1947. Dans les années cinquante, il publie plusieurs recueils de poèmes. Il meurt à Bâle en 1966.

Sophie Taeuber-Arp, l’artiste discrète

Artiste discrète, Sophie Taeuber-Arp a joué un très grand rôle dans le projet de l’Aubette. Elle réalise quatre salles et a la charge du suivi du chantier au quotidien.

Sophie Taeuber est née à Davos en Suisse en 1889. Formée à l’École des arts et métiers de Saint-Gall, puis professeur à l’École des arts appliqués de Zurich dans la section textile, Sophie Taeuber participe à la fondation du mouvement Dada aux côtés de Jean Arp qu’elle rencontre en 1915. À partir de 1916, elle s’engage dans la voie de l’abstraction constructiviste. Elle travaille tout autant la peinture, que la sculpture, la danse, les reliefs, les tapisseries dans un vocabulaire formel oscillant entre rigueur orthogonale et ondulations linéaires.

En 1926, le couple Arp, installé à Strasbourg, rencontre les frères Horn, futurs commanditaires du projet de l’Aubette. Engagés dans plusieurs projets immobiliers, les frères Horn sollicitent Sophie Taeuber-Arp pour la réalisation de décoration intérieure. Elle travaille au décor du vestibule de l’appartement d’André Horn en 1926 ainsi qu’à celui du restaurant-dancing de l’Hôtel Hannong. Sophie Taeuber-Arp réalise également les décors d’un escalier d’une maison particulière : la Maison Heimendinger.

À l’Aubette, Sophie Taeuber-Arp met en œuvre les principes formels issus de ses recherches. Elle réalise les décors du Foyer-bar au 1er étage, de la salle de billard à l’entresol, du Salon de thé-pâtisserie appelé Five O’Clock et de l’Aubette-bar au rez-de-chaussée. Elle conçoit également avec Arp la composition géométrique présente dans l’escalier menant au 1er étage.

En plus de la réalisation de ces salles, Sophie Taeuber-Arp a la charge du suivi du chantier au quotidien.

De 1930 à 1933, parallèlement à ses recherches artistiques, Sophie Taeuber-Arp réalisé la décoration et le mobilier de plusieurs maisons.

Elle meurt le 12 janvier 1943 à Zurich.

Theo Van Doesburg, le théoricien

Autodidacte, Theo Van Doesburg va constituer, par son apport à l’art et à ses théories, l’une des figures majeures de l’art du début du XXe siècle.

Né en 1883 à Utrecht, Theo Van Doesburg est peintre, architecte, poète et théoricien. En 1917, il fonde et prend part au mouvement De Stijl, courant artistique représentant l’avant-garde aux Pays-Bas. De Stijl édite une importante revue éponyme qui diffuse une nouvelle esthétique, le néoplasticisme basé sur le recours à une grille orthogonale et à l’usage des couleurs primaires, et de nouveaux principes de travail fondés sur la pluridisciplinarité et la synthèse des arts.

En 1924, Theo Van Doesburg introduit une variante au système néoplasticiste défendu par Piet Mondrian. Il crée ainsi une nouvelle esthétique qu’il appelle élémentarisme, basée sur l’introduction de l’oblique dans ses compositions.

De 1926 à 1928, Theo Van Doesburg accorde une grande importance au projet de l’Aubette dans lequel il entrevoit l’opportunité de mettre en forme la réflexion théorique qu’il mène depuis les années dix. Il met notamment en application les principes issus de l’élémentarisme dans le Ciné-dancing de l’Aubette.

Au terme du chantier, il accepte mal les compromis relatifs à l’usage quotidien des espaces. De santé fragile, il meurt en 1931 à Davos en Suisse.