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Des archéologues de fiction !

Cette profession arrive en bonne place dans l’imaginaire du public lorsque sont évoquées les recherches sur le passé. Mais que de stéréotypes véhiculés par ces archéologues de fiction !

Du savant à barbe blanche au super-héros

Les archéologues créés par Hergé ou Jacobs (dont le fameux Dr Grossgrabenstein) correspondent au stéréotype du savant "momifié", vieillard binoclard à la barbe blanche et aux vêtements démodés, toujours très éloigné des réalités du monde dans lequel il vit !

Le cinéma nous propose une image tout à l’opposé, mais non moins caricaturale. Le professeur d’université – aventurier, colosse barbu et musclé – trouve son incarnation dans le célébrissime Indiana Jones. Il fait pendant à son prédécesseur Bob Morane, dont les aventures, parues sous forme de livres et de bandes dessinées, l’amènent à côtoyer diverses civilisations disparues.

Les femmes archéologues ont fait une apparition plus récente, timide mais remarquée : ainsi le personnage d’Amélia Peabody créé par Élisabeth Peters, qui mène ses enquêtes en Égypte sur les nombreux sites de fouilles où l’entraînent ses aventures. Sans oublier la mythique et virtuelle Lara Croft !

Trésors et mystères du passé…

Fabuleux trésors, montagnes d’or et de bijoux, statues incrustées de pierres précieuses sont le quotidien des archéologues de fiction ! Les civilisations égyptiennes et précolombiennes se trouvent ainsi largement sollicitées, car pourvoyeuses en abondance d’or et de mystères, tout en ancrant l’histoire dans le réel. Après avoir déchiffré tous les indices et échappé à d’innombrables dangers, l’archéologue découvre enfin la chambre secrète où s’accumulent trésors et pouvoirs secrets des adorateurs de cruelles divinités antiques.

En raison de la place privilégiée acquise dans notre imaginaire, le monument le plus emblématique de ce décor "archéologique" est sans conteste la pyramide. Égyptienne ou précolombienne, sa forme est universellement identifiable. De plus, par l’aura de mystère qui l’entoure, elle est synonyme tout à la fois d’exotisme, de trésors, de mystères sacrés et de mort.

Voyager dans le temps… et l’espace

La popularité du thème du voyage dans le temps en fait le ressort de nombreux récits. Au hit parade de ces voyages dans le passé, la Préhistoire, l’Égypte, les Étrusques, mais aussi les Incas et les civilisations précolombiennes… Les voyages dans le futur ne sont pas oubliés, avec une nette préférence de la science fiction pour la découverte des civilisations inconnues qui se seraient développées sur Mars, Vénus ou la Lune. Archéologue, anthropologue ou ethnologue accompagnent donc de façon privilégiée les voyages vers de lointaines planètes qui abritent de mystérieuses civilisations.

Des mondes perdus

Le thème des mondes disparus ou engloutis subitement par de prodigieux cataclysmes a alimenté de nombreux récits fantastiques et fait rêver, de Jules Vernes à la science fiction, des générations de lecteurs. Le mythe de l’Atlantide a été décliné en d’innombrables variantes par la littérature et le cinéma et un dessin animé des studios Disney a contribué à lui redonner une actualité nouvelle.

L’univers disparu de la Préhistoire, hanté par d’énormes dinosaures ou peuplé de gigantesques troupeaux de mammouths, constitue un monde tout aussi attrayant, remis au goût du jour par le film Jurassic Park. La réanimation, par des savants fous, d’animaux disparus ou d’humains venus de l’aube de l’humanité à partir de l’ADN d’animaux fossiles ou miraculeusement préservés dans les glaces se trouve au cœur de plusieurs fictions.

Une archéologie du futur

Notre civilisation actuelle projetée dans un lointain futur ! Cette démarche a séduit de nombreux auteurs de science fiction – et même divers artistes contemporains – qui imaginent des archéologues du futur découvrant les vestiges de notre monde d’aujourd’hui, disparu dans un gigantesque cataclysme naturel ou une guerre thermo-nucléaire généralisée.

Raymond E. Waydelich nous a entraînés ainsi à la découverte de Mutarotnegra (l’antique Argentoratum devenue le Strasbourg d’aujourd’hui) en l’an 3790 après J.-C., tandis que David Mac Caulay imagine, dans La Civilisation disparue, la perplexité des chercheurs du futur devant nos villes modernes et leurs installations sanitaires ! en un pastiche très réussi sur le thème de l’interprétation trop souvent "magico-religieuse" de vestiges incompris.

Enquêter sur le passé : archéologie et roman policier

Mais l’archéologue est avant tout un enquêteur à la recherche d’indices. Il prend ainsi place tout naturellement à côté des détectives et des journalistes de romans pour mener ses recherches en une démarche parallèle à celle de l’enquête policière.

Agatha Christie a su exploiter le thème avec bonheur, faisant des sites de fouilles d’Égypte et de Mésopotamie qu’elle a fréquentés ou visités avec son mari, l’archéologue Mallowan, le décor de plusieurs de ses meilleurs romans policiers : Mort sur le Nil ou Meurtre en Mésopotamie. Plus récemment, les enquêtes se déroulent à l’époque antique même, avec des "détectives" romains, tel Marcus Aper, ou égyptien, tel le scribe Huy.