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D'une archéologie de sauvetage à une archéologie préventive

Une archéologie professionnelle et contractualisée

Une véritable archéologie professionnelle s’est développée progressivement à la fin du 20e siècle. Elle constitue une réponse à l'énorme accélération des destructions du patrimoine archéologique par une exploitation agricole de plus en plus intensive et par les grands travaux d’urbanisme ou d’aménagement du territoire.

À une archéologie de sauvetage souvent précaire et aléatoire, où il fallait dégager rapidement les vestiges sous les godets des pelles mécaniques, s'est substituée dans les années 1990 une archéologie contractualisée entre aménageurs et responsables de fouille. Des conventions, établies sous l'égide des Services Régionaux de l'Archéologie, ont permis à cette discipline scientifique de se positionner dans les schémas d'aménagement en amont des travaux. Une véritable concertation a été menée sur la durée de la fouille et de son exploitation, sur le nombre d'intervenants nécessaires et sur l'indispensable enveloppe financière.

L'opération de fouille préventive prend désormais place dans la planification des grands chantiers. Tel a été le cas, par exemple, pour la construction des lignes de Tram A et B à Strasbourg, mais aussi pour des lotissements importants ou pour les travaux de la Ligne à Grande Vitesse Est. Cette politique concertée a permis des progrès considérables, en qualité et en quantité, pour l'étude du passé régional. Elle permet de concilier l'activité économique et la nécessaire étude du patrimoine archéologique, avant sa destruction par les travaux.

Pour permettre d'évaluer correctement le potentiel archéologique d'un terrain et donc de décider si une fouille s'avère nécessaire, des sondages de diagnostic peuvent être ordonnés par l'État dans les zones archéologiquement sensibles. Au vu de cette opération, qui repose sur le creusement de tranchées d’exploration à travers le site, une fouille est décidée… ou, si le résultat est négatif, le terrain est déclaré libre de toute servitude archéologique et les travaux peuvent alors commencer immédiatement.

Le Service régional de l’Archéologie

À l'échelon régional, c'est un service décentralisé du Ministère de la Culture, le Service Régional de l'Archéologie (remplaçant les anciennes "Directions des Antiquités Préhistoriques et Historiques") qui encadre et gère l'activité archéologique. Il fait partie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Grand Est (DRAC Grand Est).

Le Service régional de l’Archéologie veille à l'application de la législation relative à l'archéologie, encadre et participe à la recherche et met en œuvre les mesures nécessaires à la protection, la conservation et la valorisation du patrimoine archéologique. Il gère aussi le suivi des opérations d'archéologie préventive et les fouilles programmées, qui correspondent à une recherche scientifique thématique indépendante des grands travaux d'aménagement. Le Service régional de l’Archéologie encadre également les prospections, soumises à autorisation préalable et à la rédaction d'un rapport, tout comme les opérations de fouilles proprement dite.

Une archéologie plurielle…

Avec le développement de la recherche et la mise en concurrence des opérateurs pour la réalisation des fouilles archéologiques dans le cadre de la loi sur l’archéologie d'août 2003, de nouveaux acteurs de terrain sont apparus dans le paysage archéologique régional :

  • l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) : il remplace l'Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (AFAN), créée en 1993 et devenue en 2001 un établissement public à caractère administratif rattaché au Ministère de la Culture. L’INRAP peut, en concurrence avec les autres opérateurs agréés, effectuer les sondages de diagnostic, exécuter les fouilles préventives ordonnées par l'État et en assurer l'exploitation scientifique.
  • les collectivités territoriales se sont positionnées elles aussi comme acteurs dans le domaine de l'archéologie préventive, avec la création par les deux Conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin du Pôle d’Archéologie interdépartemental rhénan, basé à Sélestat,
  • une spécificité, partagée par quelques régions, est constituée par la présence en Alsace d'un bureau d'études indépendant, Antea-Archéologie, qui a été créé par une équipe d'archéologues confirmés. Cette structure propose ses services aux collectivités et aménageurs qui font appel à elle.

Par ailleurs, la recherche archéologique bénéficie parfois de la présence de bénévoles, en particulier dans le cadre de partenariats noués avec des sociétés d'histoire et d'archéologie. Tel est par exemple le cas à Saverne avec le Centre de Recherches Archéologiques Médiévales (CRAMS), à Brumath avec la Société d’Histoire et d’Archéologie de Brumath et environs (SHABE) ou encore à Dehlingen avec la Société de Recherches Archéologiques de l'Alsace Bossue (SRAAB).