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Aménagement et conception interne du bâtiment

Commencé en 1890 dans le cadre de la création de la Kaiser-Wilhelms-Universität, le bâtiment est caractéristique de l’architecture de l’époque. Il fut entièrement conçu par le professeur Goette et l’architecte Otto Warth suivant des exigences scientifiques et techniques strictes. Pour que le public du musée ne perturbe pas les travaux scientifiques et les cours, deux entrées bien séparées furent créées et le bâtiment présente de ce fait une asymétrie due à son double usage.

Lumière, océans et jungle

Le quadrilatère d’environ 50 mètres de côté comporte une vaste cour intérieure qui permettait à l’époque un éclairage naturel des pièces. La lumière du jour pouvait cependant être occultée par des rideaux obscurcissant. Un grand jardin avec lac agrémentait l’extérieur.

L’entrée majestueuse est ornée d’huiles sur plâtre conçues par le Professeur Anton Seder et Georg Hacker, de la Kunstgewerbeschule de Strasbourg (école professionnelle d’art nouvellement créée). Ces huit panneaux disposés symétriquement décorent les parties planes du hall d’entrée et évoquent les fonds marins et la jungle. Ces peintures témoignent d’un sens théâtral de la mise en scène réaliste de la nature. Le traitement est très suggestif à certains endroits et très documenté à d’autres.

Une conception dans les moindres détails

En dehors de l’accueil, le rez-de-chaussée n’était réservé qu’aux bureaux, laboratoires et logements de fonction. Le sous-sol hébergeait les ateliers dédiés à la préparation des spécimens, au montage des squelettes et à la fabrication des tiroirs. Au départ, le parcours avait été imaginé sur deux étages, mais l’ampleur des collections et la volonté de tout exposer obligèrent les responsables allemands à utiliser en grande partie le 3e étage du bâtiment.

Au 1er et au 2e étage, la disposition des mobiliers scindait les ailes en deux parties, créant ainsi deux circuits de visite. La conception des vitrines, solidement ancrées au sol ou parfois dans le mur, avait été très bien pensée. Les étagères amovibles et les tiroirs conçus sur un modèle identique permettaient une évolution de la présentation et une rotation très aisée des collections. Les spécimens plus imposants prenaient place dans de grands espaces vitrés aux portes très larges et dont la partie basse, maintenue par deux loquets, pouvait être enlevée pour permettre le passage des chariots.

La présentation par groupe zoologique était classique pour l’époque. Le 1er étage était exclusivement dévolu aux mammifères : animaux naturalisés, squelettes montés et modèles alternaient dans les vitrines tandis qu’éléphant, morse et rhinocéros trônaient dans un espace ouvert. Deux momies humaines reposaient sur d’impressionnants catafalques. Le 2e étage offrait un panorama de la faune locale, des oiseaux, des insectes et des crustacés. Les poissons, tortues, serpents, éponges… pour la plupart en alcool, terminaient le parcours. Tout ce petit monde avait rejoint le nouveau musée dans des wagons circulant sur des rails étroits construits pour l’occasion.