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Abécédaire pour découvrir l’archéologie et ses métiers

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A

 

Archéologie

Airkaios : ce qui est ancien et logos : le discours, la science. L’archéologie est une discipline scientifique qui se définit comme la science des civilisations disparues. Son objectif est d’étudier l’Homme depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine, à travers l’étude des vestiges matériels enfouis, retrouvés lors des fouilles archéologiques. De nouvelles branches de la recherche se sont rajoutées au cours des dernières années : archéologie médiévale, archéologie du bâti, archéologie des périodes de guerre…

Anthropologue

L’anthropologue étudie les populations anciennes. Ses interventions s’effectuent tout d’abord sur le chantier de fouille. C’est lui qui dégage les sépultures, observe la position et les connexions anatomiques des ossements lors de leur mise au jour, relève le plan de la tombe et la position du squelette. Puis il poursuit ses recherches en laboratoire avec une étude détaillée des ossements recueillis.

L’ensemble des observations livre des informations sur :

  • l’architecture de la tombe (tombe creusée en pleine terre, cercueil ou chambre funéraire en bois, aménagements divers…),
  • les gestes funéraires et la façon dont le corps a été déposé en terre,
  • les éléments biologiques liés aux personnes étudiées : sexe, âge au décès, conditions de vies,
  • l’état sanitaire d’une population et les maladies éventuelles dont ont souffert les individus retrouvés.

Anthracologue

L’anthracologue est le spécialiste de l’étude des charbons de bois. On les trouve dans les couches de destruction, dans des fosses, près des foyers… Il faut les prélever avec soin, car ils sont fragiles et souvent d’assez petite taille. L’observation de ces fragments carbonisés au microscope, avec de forts grossissements, permet de déterminer la structure du bois et d’en identifier l’espèce.

Elle permet une approche du couvert végétal d’un site et de la façon dont les hommes ont exploité les ressources de leur environnement.

 

B

 

Botaniste (archéo-)

L’archéo-botaniste étudie l’ensemble des restes végétaux livrés par un site archéologique. Les milieux humides (sites de bords de lacs, par exemple) sont particulièrement riches en vestiges de plantes.

Les éléments recueillis peuvent fournir des informations importantes :

  • sur la façon dont l’homme a exploité son milieu naturel,
  • sur la végétation (cultures ou friches) proches du site,
  • sur les végétaux consommés,
  • sur leur lieu de stockage (en silos creusés dans le sol, par exemple).

 

C

 

Carpologue

Les restes végétaux - dont les graines - issus de plantes sauvages ou cultivées sont analysés par le carpologue. Ces restes fragiles ne se conservent dans le sol que grâce à des conditions particulières : leur calcination par le feu ou la présence d’un milieu humide qui les empêche de pourrir.

Les prélèvements de terre (sédiments) sont réalisés sur le terrain, puis l’étude se poursuit en laboratoire. Les sédiments sont lavés et tamisés pour recueillir les restes végétaux fossilisés. Leur identification est faite ensuite sous microscope.

 

Céramologue

La céramique est trouvée en abondance sur la plupart des sites archéologiques. L’évolution de sa forme et de son décor au cours des siècles constitue un important élément de datation. L’étude de la céramique est confiée à un céramologue, qui est le plus souvent spécialisé dans une période chronologique précise.

Les fragments retrouvés lors de la fouille sont tout d’abord lavés et triés, puis recollés et inventoriés, avant d’être dessinés et étudiés. Des ensembles de référence (typologies) sont ainsi créés pour chaque période. Ils représentent des outils indispensables pour dater un site et établir sa chronologie.

La céramique est aussi un bon moyen de découvrir la vie matérielle des populations qui les ont produites et utilisées. Son étude révèle :

  • techniques de fabrication,
  • évolution des styles,
  • usages culinaires et du service de la table,
  • réseaux commerciaux,
  • ou encore pratiques funéraires lorsque les céramiques sont déposées dans une tombe.

 

D

 

Dendrochronologue

Le bois se conserve lorsque les conditions de conservation sont favorables (sites de bords de lacs, bois de construction…). Le dendrochronologue analyse les stries de croissance annuelles des arbres anciens pour dater le moment de leur abattage. L’observation de ces stries et leur comparaison avec des courbes de référence permettent de dater un site avec précision. Cette technique est également très précieuse dans le domaine de l’archéologie du bâti pour la datation des pièces de bois entrant dans la construction d’un édifice.

Dessinateur

L’étude du mobilier mis au jour nécessite de dessiner les pièces les plus représentatives. C’est le travail du dessinateur qui réalise des dessins grandeur nature des objets, après en avoir pris les mesures de façon très précise. Le dessin au crayon est ensuite passé à l’encre de Chine pour illustrer le rapport de fouille ou la publication. Le dessin assisté par ordinateur tend aujourd’hui à remplacer la méthode traditionnelle.

 

E

 

Épigraphiste

C’est à l’épigraphiste qu’il revient de lire et d’interpréter les textes anciens, généralement gravés dans la pierre ou le métal. Il s’intéresse aussi à de nombreuses autres formes d’inscriptions : graffitis, inscriptions peintes sur les amphores, comptes de potiers ou estampilles diverses.

Les inscriptions livrent d’innombrables informations sur l’histoire, la société, la vie économique et la vie quotidienne des populations anciennes. L’étude des noms de personnes (onomastique) permet de connaître la composition de la population et, parfois, de déterminer l’origine géographique de ses habitants.

 

F

 

Fouilleur

La fouille est un travail d’équipe où chacun contribue au bon déroulement du chantier. Le responsable d’opération, spécialisé dans la période ou le type de vestiges à étudier, coordonne la fouille, dirige et gère l’équipe. Il est l’interlocuteur des services de l'État et de l’aménageur tout au long des opérations de terrain et c’est à lui qu’il revient de rédiger le rapport de fouille.

Divers spécialistes sont associés en fonction des besoins. Les techniciens de fouille complète l’équipe et forme la majeure partie de l’effectif. Ce sont eux qui réalisent la fouille proprement dite et qui effectue prélèvements et enregistrements des données.

 

G

 

Géomorphologue

Le géomorphologue étudie la stratigraphie, mais aussi la nature du sous-sol, des roches et de leur formation. L’observation des reliefs anciens, du tracé de rivières disparues ou qui se sont déplacées, d’anciens bras d’eau comblés ou asséchés lui permettent de reconstituer le paysage dans lequel évoluaient les hommes à une période donnée. En croisant ses conclusions avec celles d’autres disciplines (palynologie, anthracologie…), il peut appréhender les modifications apportées par les hommes à leur environnement.

 

I

 

INRAP

L’Institut national de recherches archéologiques préventives est la plus importante structure publique de recherche archéologique en France et l’une des toutes premières en Europe. Elle comprend près de 2 000 collaborateurs, répartis dans plusieurs directions inter-régionales. Cette structure, qui relève du Ministère de la Culture, réalise la plupart des diagnostics archéologiques et des fouilles en partenariat avec les aménageurs et sous l’autorité des services régionaux de l’Archéologie.

 

L

 

Lithicien

Cette discipline spécialisée concerne surtout la Préhistoire et, plus particulièrement, le Paléolithique. Le lithicien (du grec lithos) étudie les diverses techniques de taille de la pierre. Il peut ainsi reconstituer l’enchaînement des gestes qui ont abouti à la confection d’un outil en pierre.

En analysant la répartition des vestiges, il peut définir les zones d’activités et le type d’occupation d’un site. La détermination de l’origine des roches utilisées permet aussi d’identifier les zones de collecte et la façon dont les hommes de la Préhistoire ont exploité un territoire.

 

M

 

Métallurgiste (paléo-)

Comme son nom l’indique, cette spécialité concerne l’étude des matériaux liés à la production de métal (bronze, fer…). Si le travail débute sur le terrain, il se poursuit ensuite en laboratoire par des analyses souvent complexes, en relation avec des instituts de recherche et des universités.

Les vestiges de production, du minerai aux résidus de fabrication, fournissent d’utiles informations sur les techniques anciennes et les chaînes opératoires mises en œuvre. L’archéologie expérimentale permet de valider les hypothèses et de reconstituer les gestes des hommes du passé. Elle aide à mieux comprendre les traces d’activités artisanales retrouvées sur un site.

 

N

 

Numismate

L’étude des monnaies est confiée au numismate. Elles constituent un élément de datation important des couches archéologiques dans lesquelles elles ont été retrouvées.

Après les avoir nettoyées et pesées, le numismate en assure l’identification. Les inscriptions, les portraits et l’iconographie représentée (par exemple sur les monnaies romaines) sont très précieuses. Elles lui permettent d’identifier le personnage représenté à l’avers, de connaître la date d’émission de la monnaie et parfois l’atelier monétaire où la pièce a été frappée.

Plus généralement, elles livrent des indices sur l’économie d’une période, sur la circulation monétaire, mais aussi sur les thèmes développés par la propagande romaine impériale (à travers les nombreuses thématiques présentes au revers des pièces).

 

 

O

 

Opérateurs en archéologie préventive

Les opérateurs en archéologie préventive sont habilités par l’État à réaliser les diagnostics et les fouilles archéologiques sous le contrôle scientifique et technique du Ministère de la Culture/ Services régionaux de l’archéologie.

 

P

 

Paléopathologiste

Le paléopathologiste étudie les maladies anciennes sur des éléments osseux ou momifiés anciens. Il peut s’agir de pathologies articulaires, dentaires, liées à une infection ou encore à un traumatisme.

Pour affiner son diagnostic, il peut faire appel à des examens complémentaires comme des radios, des études de coupes au microscope ou encore des recherches sur des marqueurs biologiques et moléculaires (ADN, études isotopiques, etc.).

Palynologue

La palynologie est l’étude des pollens et des spores ; elle constitue une des branches de la botanique.

Les pollens fossiles sont présents dans les sédiments qui se sont accumulés sur un site au cours du temps. Protégés par une enveloppe très résistante, ils sont souvent aisément identifiables sous le microscope.

Leur présence et leur association entre eux permettent de reconstituer l’environnement végétal d’un lieu à une époque donnée. Ils livrent aussi des informations précieuses sur le climat, la transformation de la nature par l’homme et l’histoire du paysage.

Photographe

L’enregistrement des données est très important sur un chantier de fouille. Des photographies d’ensemble et de détail sont donc réalisées à chaque étape de l’exploration du site. Ils seront, avec les relevés graphiques, les seuls témoins qui resteront après la fouille, lorsque le site aura été détruit par les travaux d’aménagement ou de construction. La photographie constitue un de ces moyens privilégiés d’enregistrement des données.

 

R

 

Restaurateur

Lors de leur séjour dans le sol, les objets, en particulier ceux en métal, se corrodent et deviennent instables. Le restaurateur consolide, puis stabilise ces objets archéologiques pour en permettre l’étude. Il intervient parfois aussi lors de la fouille pour assurer le prélèvement des pièces les plus fragiles.

Une restauration approfondie met en œuvre des traitements longs et parfois complexes pour assurer la conservation des objets les plus représentatifs et permettre leur présentation au public.

 

S

 

Stratigraphie

La stratigraphie se compose de l’ensemble des couches de terre qui se sont accumulées à un même endroit au cours des siècles… voire durant des millénaires. Dans le passé, lorsqu’un site était détruit, on n’enlevait pas les gravats et la terre comme aujourd’hui, mais on nivelait le terrain et on reconstruisait par-dessus. À Strasbourg, la superposition des couches antiques et médiévales peut ainsi atteindre près de 4 à 5 m de hauteur dans le centre ancien de la ville. Les couches les plus profondément enterrées, celles à la base de la stratigraphie, sont donc les plus anciennes.

La fouille d’un site consiste à dégager soigneusement ces couches de terre du haut vers le bas ; l’analyse de leur composition (niveau de circulation, couche de démolition avec gravats, présence de charbons de bois…) permet de reconstituer les phases successives de l’histoire d’un site.

Les objets que contiennent ces divers niveaux d’occupation, de destruction ou d’abandon sont un moyen de les dater avec précision et de situer l’histoire du site dans le temps.

Les relevés de ces coupes stratigraphiques permettent aux archéologues de "lire" et de transcrire par cette documentation graphique l’histoire d’un site.

 

T

 

Topographe

Le topographe joue un rôle important durant tout le chantier. C’est lui qui met en place le carroyage initial (division du terrain en carrés réguliers) qui précède la fouille et qui va servir de référence pour noter toutes les découvertes.

Le topographe assure aussi les relevés (en plan et en élévation) des vestiges mis au jour au fur et à mesure de l’avancée des recherches. Ces relevés permettent de dresser le plan général du site. Ils sont une source de documentation primordiale pour l’étude menée après la fouille pour localiser l’ensemble des découvertes et comprendre leur organisation.

Ces données informatisées peuvent aussi être intégrées à un SIG (Système d’information géographique) pour être exploités à grande échelle et permettre des synthèses régionales et nationales.

Tochoigraphologue

Ce nom, apparu récemment dans la nomenclature des métiers de l’archéologie, désigne le spécialiste des enduits et peintures murales antiques.

Il assure le dégagement, le relevé puis le ramassage des fragments de peintures murales sur le chantier de fouille. Il prend ensuite en charge leur nettoyage, l’assemblage et la reconstitution des décors des panneaux peints, puis leur étude scientifique.

Tracéologue

Des traces d’usure sont visibles sur certains objets. On les discerne parfois à l’œil nu, mais surtout lors d’un examen sous microscope. Il peut s’agir de traces de fabrication qui nous renseignent sur les outils utilisés, de traces d’utilisation qui indiquent la fonction d’un objet ou la façon dont il était employé.

C’est grâce à l’expérimentation archéologique que cette discipline a développé sa base méthodologique. En composant un référentiel de traces expérimentales, on peut les comparer aux traces observées sur les objets archéologiques et ainsi proposer des hypothèses sur leur fonction.

 

X

 

Xylologue

Ce terme associe deux mots grecs : xylos, le bois et logos, le discours. Il s’agit donc de l’étude du bois que l’on retrouve, plus ou moins bien conservé, sur les sites archéologiques. Le xylologue en identifie les essences, dont la présence livre des informations précieuses sur l’environnement du site. L’association de certaines espèces est révélatrice du couvert végétal : forêt de montagne, forêt de plaine, friches…

Une autre facette de son travail est l’étude des techniques de fabrication des objets en bois − éléments de construction ou objets de la vie quotidienne −, à travers la trace des outils employés.

 

Z

 

Zoologue (archéo-)

L’archéozoologue étudie les ossements d’animaux retrouvés lors de la fouille d’un site.

Après les avoir lavés et triés, il détermine, à l’aide de collections de référence, l’espèce animale représentée. S’agit-il d’un animal sauvage chassé par les hommes pour se nourrir ? Ou bien d’animaux domestiques élevés pour leur lait, leur viande ou pour la matière première qu’ils fournissent ?

La détermination de l’âge de l’animal au moment de son abattage peut mettre en évidence des pratiques d’élevage particulières. Les traces parfois visibles sur les ossements fournissent des indications sur les techniques de boucherie ou sur la préparation des pièces de viande pour leur consommation.

De plus, les associations d’animaux, en particulier pour les phases les plus anciennes de la préhistoire, peuvent fournir des indications intéressantes sur le climat (chaud ou froid) qui régnait à une période donnée.

Pour aller plus loin

  • Police scientifique et archéologie, AT/ Archeothéma. Revue d’histoire et d’archéologie, n° 27, mars-avril 2013
  • Les métiers de l’archéologie, AT/ Archeothéma. Revue d’histoire et d’archéologie, dossier hors série n° 5, juin-juillet 2012