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angle-left Musée des Beaux-Arts : acquisition de La Justice d’Eustache Le Sueur

Musée des Beaux-Arts : acquisition de La Justice, d’Eustache Le Sueur

Achetée lors d’une vente aux enchères, le 20 juin (par préemption).

Lors d’une vente aux enchères le 20 juin a été achetée (par préemption) pour le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg une importante peinture d’Eustache Le Sueur représentant la Justice.

Eustache Le Sueur (Paris, 1616-1655) est un des plus grands peintres du XVIIe siècle français. Il n’était jusque-là pas représenté au Musée des Beaux-Arts, dont le principal axe de la politique d’acquisitions vise à combler certaines lacunes concernant la peinture française ancienne, afin d’offrir un parcours cohérent de la peinture européenne des XVIIe-XVIIIe siècles.

Ce tableau, peint à l’huile sur bois et mesurant 1 m sur 46 cm, a un historique prestigieux. Il appartenait à un ensemble peint en 1650 pour un important commanditaire parisien. Le décor de son oratoire (chapelle privée) était composé d’une grande Annonciation (conservée au musée américain de Toledo), de deux figures des saints patrons du mécène de son épouse (perdues) et de huit Béatitudes. Seules deux Béatitudes sont connues : une achetée en 1974 par le musée de Chicago (La Mansuétude) et celle qui vient d’être achetée. Cette figuration de la Justice séduit et frappe par son audace. Portant les attributs traditionnels (balance et épée), elle est figurée de profil sur un fond gaufré doré. L’« archaïsme » de cette allégorie est frappant ; il est voulu, tant Le Sueur avait reçu une éducation artistique soignée. Il cherche la grandeur de Raphaël. Cette commande marqua la rupture définitive avec le lyrisme de ses aînés parisiens. Lui est aussi propre le raffinement chromatique avec ces rouge, bleu et vert qui se détachent sur le fond doré.

Cette Justice rejoindra le petit en nombre (mais important en qualité) fonds de peintures françaises du XVIIe siècle (notamment Champaigne, Vouet, Valentin de Boulogne) et en particulier dialoguera avec une autre allégorie – celle de la Tempérance – de Dorigny (peintre que Le Sueur côtoya dans sa jeunesse) acquise en 2008.

 

Communiqué de presse